Le salaire minimum a connu une hausse de 2,4 % au 1er juin 2026, mais cette revalorisation remet en question l'évolution générale des salaires dans un contexte d'inflation croissante et d'incertitude économique.
Il semblerait logique qu'une hausse du Smic incite les employeurs à revaloriser également les salaires plus élevés. Or, selon l'économiste Clément Carbonnier, « la réalité montre que l'impact de cette augmentation se limite souvent aux salaires les plus proches du Smic ». Cette situation est accentuée par la « diminution du pouvoir de négociation des salariés », ce qui fait que les salaires « se tassent autour du Smic »,notamment dans le cadre des augmentations mécanistes, indique ce professeur de l'université Panthéon-Sorbonne, au moment où le Smic a été revalorisé de 2,4 % ce mois-ci.
Des grilles salariales devenues illégales
Le gouvernement se tourne vers les négociations à l'échelle des entreprises ou des branches. « J'ai confiance en un dialogue constructif et je suis convaincu que syndicats et organisations patronales parviendront à aligner les salaires minimaux sur le Smic », a affirmé le ministre du Travail en réponse aux inquiétudes exprimées sur Franceinfo. « Et pourquoi pas les dépasser ? », a-t-il ajouté, suscitant divers avis dans le monde syndical.
Du côté du patronat, la position est plus nuancée. Le Medef souhaite « améliorer les salaires nets », mais cela passe par une diminution des cotisations. En parallèle, le gel des allègements de charges sur les bas salaires est perçu comme un obstacle à toute augmentation. Eric Chevée, vice-président de la CPME, a alerté sur le fait que « cela complique toute négociation salariale ».
Thierry Marx, président de l’union des métiers de l’hôtellerie-restauration (Umih), a également souligné que « l’augmentation des rémunérations est essentielle, mais il faut prendre en compte les contraintes économiques des entreprises ».
Pourtant, des négociations semblent impératives, car suite à la hausse du Smic, de nombreuses branches professionnelles se retrouvent avec des grilles salariales où les salaires les plus bas n'atteignent pas le salaire minimum légal. Selon le ministère du Travail, près de 70 % des entreprises sont affectées, et cela pourrait monter jusqu'à 80 %, selon la CGT.
Cette problématique touche également le secteur public. Une lettre des huit centrales syndicales au premier ministre indique que « près de 10 % des agents publics » sont concernés, dont certains peuvent rester « 19 ans sans réelle progression salariale ». Bien que verser des salaires en dessous du Smic soit illégal, les employeurs compensent souvent la différence par des primes ou des indemnités, entraînant ainsi une stagnation prolongée.







