Un an après la désignation de la santé mentale comme "grande cause nationale", le bilan est jugé insuffisant par de nombreux acteurs du secteur. Ce mardi, le gouvernement a annoncé des mesures visant à renforcer le suivi des jeunes en difficulté, avec la promesse d'une réponse rapide aux signaux de détresse.
À partir de maintenant, chaque jeune repéré par l'Éducation nationale, incluant médecins et enseignants, bénéficiera d'un accès prioritaire pour consulter un professionnel de santé mentale, tel qu'un psychologue, dans un délai de 24 à 48 heures. La ministre de la Santé, Stéphanine Rist, a souligné sur Franceinfo que "plus un trouble est détecté tôt, moins il y a de chances d'hospitalisation ultérieure".
Le manque de médecins scolaires s'avère critique
Cependant, la mise en œuvre de cette mesure suscite des inquiétudes. Jocelyne Grousset, de SNMSU-UNSA Éducation, a averti que "la hausse des cas complexes se fait sentir en raison de la diminution du nombre de médecins scolaires". Elle craint que des canaux de consultation mal définis n'aggravent la situation.
Un objectif ambitieux : zéro contention en psychiatrie
Stéphanie Rist a également évoqué l'intention d'éliminer les pratiques de contention en milieu psychiatrique d'ici 2030, arguant que ces mesures doivent garantir "la dignité humaine" des patients et prévenir la détérioration de leur état mental. La ministre reconnait que des actions concrètes doivent être entreprises pour aboutir à cet objectif, suivant les appels des associations de patients et des défenseurs des droits.
Toutefois, le flou persiste concernant la concrétisation de ces ambitions, car certains professionnels restent sceptiques quant à la faisabilité des engagements annoncés tant que des réformes plus profondes de la psychiatrie ne sont pas engagées.
Un bilan jugé insuffisant par les acteurs du secteur
Bien que la santé mentale ait gagné en visibilité, en particulier après la pandémie, beaucoup estiment que les changements tardent à se concrétiser. Fin mai, une tribune signée par des élus et des anciens ministres de la Santé dans Le Monde évoquait un "manque de transparence sur l'application d'actions tangibles".
Les mots ne suffisent pas à guérir les maux
La psychiatre Rachel Bocher a souligné que la multiplication des échanges sur ce sujet ne compense pas les attentes concrètes du terrain. Actuellement, les efforts du gouvernement se concentrent aussi sur l'accessibilité à des consultations psychologiques via le programme "Mon Soutien Psy". Néanmoins, de nombreux psychologues critiquent le faible remboursement des séances et la qualité des formations aux premiers secours en santé mentale.
Il est clair que le chemin à parcourir reste long pour que ces paroles se traduisent par des actes efficaces dans le champ de la santé mentale en France.







