Ce mardi, Stéphanie Rist, ministre de la Santé, a dévoilé sur Franceinfo un nouveau dispositif pour accompagner la santé mentale des jeunes. Désormais, les élèves identifiés par l'Éducation nationale comme souffrant de problèmes psychologiques auront la possibilité d'obtenir un rendez-vous avec un spécialiste dans un délai de 48 heures.
Lorsqu’un jeune est en détresse, « l'infirmière ou le médecin scolaire, ainsi qu’un professeur ou le directeur d’établissement, pourront solliciter le Samu pour fixer un rendez-vous chez un psychologue ou un psychiatre », a-t-elle précisé. Ce système, présenté comme un « coupe-file », fonctionnera de manière similaire au service d’accès aux soins déjà établi pour les patients sans médecin traitant.
Des moyens défendus face aux critiques
En répondant aux critiques concernant la capacité du système à gérer cette demande croissante, la ministre a souligné les efforts réalisés depuis 2020. « Nous avons doublé le nombre de psychologues et formé près de 10% de psychiatres supplémentaires depuis cette date », a-t-elle affirmé. En effet, le nombre de chefs de clinique en pédopsychiatrie est passé de trois à cinquante.
Les professionnels de santé, également inquiets face au déficit de lits en psychiatrie, ont suscité des préoccupations. Toutefois, Stéphanie Rist a précisé : « Je ne nie pas les difficultés du système, mais agir plus tôt peut prévenir des hospitalisations. » Le besoin est urgent : une étude récente révèle qu’un Français sur deux présente des symptômes d’anxiété, les adolescents étant particulièrement touchés. Selon l'INSERM, les hospitalisations pour tentative de suicide des jeunes filles âgées de 10 à 14 ans ont explosé de plus de 100% depuis le début de la pandémie.
Zéro contention en psychiatrie d'ici 2030
Un autre objectif ambitieux a été annoncé : mettre un terme aux pratiques de contention dans les établissements psychiatriques d'ici 2030. « Nous avons cette volonté politique forte de ne plus recourir à la contention, car elle peut engendrer des troubles mentaux encore plus graves », a-t-elle déclaré, insistant sur l'importance de la dignité humaine.
La ministre a aussi mentionné que « un établissement sur dix en France travaille déjà vers cet objectif de zéro contention », citant des initiatives dans des villes comme Marseille, Bordeaux et Lyon, ainsi que des exemples de bonne pratique à l'étranger, notamment en Norvège et en Espagne, qui ont déjà réduit leur recours à cette pratique de plus de 90%. Cependant, elle a reconnu que cet objectif nécessite du temps, une formation adéquate et des locaux adaptés.







