En observant le contexte géopolitique autour du détroit d’Ormuz, l’ancien rédacteur en chef de Huanqiu Shibao, Hu Xijing, interprète l'accord récemment signé entre les États-Unis et l'Iran comme un coup de maître pour Téhéran. Contrairement à la narration officielle de Washington, il estime que cette entente représente un échec retentissant pour les États-Unis.
À l’instar de nombreux analystes, Hu souligne que l’accord de paix, annoncé par la Maison-Blanche, n'inclut aucune des conditions strictes préalablement revendiquées par l'administration Trump lors du déclenchement des hostilités en février. Dans une publication sur WeChat, il évoque cette situation comme un "énorme revers" pour le pays de l’oncle Sam.
Selon Hu, ce qui est souvent qualifié de "plus important accord de paix du XXIe siècle" ne remédie pas aux exigences fondamentales qui auraient pu redéfinir l'équilibre des puissances. L'absence de changements de régime en Iran, l'inefficacité pour stopper son programme nucléaire ou de réduire ses capacités militaires est particulièrement préoccupante pour Washington. Ces informations relèvent de l'analyse de l'expert, qui rappelle également que le soutien aux groupes armés alliés de l'Iran reste intact.
"Pratiquement, nous revenons à la case départ", déclare Hu, notant que le régime iranien, bien que touché par la perte de nombreux dirigeants, a, pour l'essentiel, préservé sa structure de pouvoir.
Une arrogance mal placée
Hu considère même que l'Iran est sorti grand vainqueur de cette confrontation. Son influence au Moyen-Orient a été, selon lui, non seulement maintenue mais également renforcée. Il se demande ainsi, "si le duo israélo-américain n'a pas réussi à abattre le régime, quels sont les autres scénarios d'échec possibles ?".
D'après lui, cette situation présente une défaite inédite pour les États-Unis depuis le début de ce siècle. Hu voit cet échec non pas comme une défaillance d'un seul gouvernement, mais comme un revers sévère pour l'image et la capacité d'influence de l'ensemble du pays. Il souligne que l'accord, qui sera ratifié le 19 juin, fragilise la crédibilité mondiale des États-Unis. Cela dévoile, selon lui, "les limites de leur puissance et leur arrogance".
Cette guerre, orchestrée par Washington, aurait révélé plusieurs faiblesses majeures : une diminution de la puissance militaire conventionnelle, un manque de volonté de sacrifice au sein des troupes américaines, ainsi que des tensions internes exacerbées par les luttes partisanes. Enfin, Hu ne manque pas de critiquer les alliés occidentaux des États-Unis, les qualifiant d'hypocrites, "faisant mine de soutenir alors qu'ils cachent leurs véritables intentions".







