Le maire de Nice, Éric Ciotti, a fait savoir ce mercredi 17 juin qu'il est déterminé à déposer "une requête devant la Cour de justice de la République". Cette démarche vise à juger Philippe Tabarot, ministre des Transports, qu'il accuse de menaces et d'injures lors de la visite du président français à Nice ce week-end, aux côtés du Premier ministre indien Narendra Modi.
"Durant cet incident, il a proféré des menaces de mort à mon égard, ce qui représente une situation d'une extrême gravité. J'attends une réponse de la part du Premier ministre et j'espère que ce ministre sera exclu de son poste", a déclaré Ciotti sur TF1. Il a également mentionné avoir écrit à Sébastien Lecornu, sans avoir reçu de retour jusqu'à présent.
En exposant sa version des faits, le député souligne qu'il se trouvait aux côtés d'Emmanuel Macron lorsque, soudainement, il a été confronté à une agression verbale de la part de Philippe Tabarot. "Il m'a dit qu'il allait me faire disparaître, ajoutant qu'il allait envoyer des Géorgiens. Cette menace a été choquante", a raconté l'élu, qui représente la droite française avec l'Union des droites pour la République (UDR).
Un incident sur fond de rivalité locale à l'approche des sénatoriales
Philippe Tabarot conteste fermement les accusations portées par Éric Ciotti. Son entourage a déclaré à l'AFP que les propos échangés entre les deux hommes faisaient suite à des provocations répétées de Ciotti. "Ce qui est décrit comme des menaces est en réalité une réponse à une énième provocation de sa part, où il a déclaré vouloir me faire disparaître du Sénat et maintenant du gouvernement", soutient son entourage.
Ces tensions entre Ciotti et Tabarot interviennent dans un climat de rivalité politique intense, à l'approche des élections sénatoriales prévues le 27 septembre prochain. Les récentes avancées de l'extrême droite lors des municipales, notamment à Nice, ajoutent une couche de complexité à cette situation déjà tendue.
Pour David Martinon, politologue à l’Université de Nice, "ce conflit ne fait que mettre en lumière les vulnérabilités internes de la droite dans la région, surtout face à une dynamique où l'extrême droite est de plus en plus présente". Les enjeux politiques locaux, combinés à des accusations aussi graves, pourraient transformer cet incident en un véritable tournant pour les prochaines élections.







