Le nouveau Premier ministre hongrois, Peter Magyar, prend les rênes d'une politique migratoire rappelant fortement celle de son prédécesseur, Viktor Orban. En critiquant l'ancienne administration, Magyar paraît vouloir durcir encore un peu plus le ton sur l'immigration, une démarche qui suscite des inquiétudes au sein de la population, laquelle avait voté pour un changement.
Viktor Orban, qui avait bâti sa réputation sur sa politique stricte contre l'immigration, a vu sa stratégie reprise, et amplifiée, par Magyar. Ce dernier, lors d'une récente conférence de presse, a accusé Orban d'avoir "caché" des projets de création de camps pour migrants, tout en dénonçant des incohérences dans la communication du gouvernement précédent. "Il s'agit de l'un des plus grands mensonges de l'ancien pouvoir", a-t-il déclaré, soutenu par des documents internes, comme le relaye le site Telex.
Une rhétorique d’exclusion
Après cette intervention, les réseaux sociaux du régime ont enchaîné avec des critiques acerbes adressées à l'ancien gouvernement, utilisant une formulation qui rappelle étrangement les méthodes d'Orban. Le média 444.hu souligne que cette approche, qui fait appel aux mêmes techniques de manipulation émotionnelle, ne correspond pas aux souhaits de nombreux citoyens, qui ont exprimé un rejet de ce climat d'agitation lors des récentes élections.
Les ONG comme Amnesty International et le Comité Helsinki critiquent ces nouvelles mesures, appelant à un débat public responsable plutôt qu'à la peur. Elles soulignent également les coûts économiques d'une telle politique, notamment les amendes infligées par l'Union européenne qui, au dire du Comité Helsinki, ne font qu'alourdir le fardeau national.
Aram Shakkour, conseiller municipal d'origine kurde à Budapest, partage son inquiétude : “Critiquer les migrants en souriant n'est pas une approche responsable. La communication humaine est primordiale pour la société”, a-t-il déclaré au Nepszava.
Une politique de rigueur
Le 5 juin, le gouvernement a également renforcé les règles de son programme pour les travailleurs étrangers, limitant drastiquement leurs possibilités d'emploi, une décision rapportée par Index. Ce durcissement est clair : Magyar veut freiner l'afflux de travailleurs étrangers au profit des résidents hongrois.
Par ailleurs, Budapest continue de rejeter le pacte migratoire européen mis en place le 12 juin. Le ministre de l’Intérieur, Gabor Posfai, a affirmé qu’aucun plan n'était en préparation pour la mise en œuvre de ce pacte, comme l'indique HVG. Cette attitude permanente contre l'immigration semble être le reflet d'une peur grandissante face aux crises économiques et démographiques en cours.
Le site Merce conclut en notant : “La Tisza affiche son intention de maintenir une rigueur stricte en matière d'immigration, en vue d'une polémique qui continue de hanter le continent, quelle que soit la forme de démocratie adoptée.”







