À partir de lundi, les députés vont entamer la troisième lecture d'une proposition de loi visant à instituer un droit à l'aide à mourir. En vue d'une adoption définitive prévue pour le 15 juillet, le gouvernement a clairement annoncé qu'il donnerait le "dernier mot" à la Chambre basse à cette date, après de nouvelles discussions dans les deux chambres.
Ce texte, précédemment approuvé à deux reprises par l'Assemblée en mai et février dernier, suscite autant d'espoir que de controverse. Bien qu'il ait reçu un large soutien de la part des députés (305 voix contre 199 en mai), son parcours au Sénat, dominé par des partis de droite, a été semé d'embûches. Celui-ci a rejeté le texte à deux reprises, et une nouvelle opposition est attendue lors de son retour le 7 juillet.
"La France est à l'aube d'une évolution sociétale majeure", a déclaré Laurent Panifous, ministre des Relations avec le Parlement, dans Le Parisien. Il a invité à porter une attention particulière au texte, qui pourrait marquer un tournant dans l'approche de la fin de vie en France.
Des débats futurs et critiques
Ce projet de loi a pour but de rendre accessible l'aide à mourir aux malades souffrant de maladies graves et incurables. Les députés ont déjà affiné les différents critères d'accès et les procédures à suivre. La question de l'administration de la substance létale a suscité des débats intenses. Le texte initial proposait une auto-administration comme norme, avec l'euthanasie comme exception. Cependant, de nombreux députés souhaitent davantage de liberté pour ceux qui demandent cette aide.
Des mesures controversées finalement supprimées
Dans un sens où la sensibilité autour de cette proposition est palpable, des mesures jugées trop contraignantes ont récemment été écartées. Le délit d’entrave, qui prévoyait jusqu’à deux ans de prison pour ceux tentant d’empêcher l'exercice du droit à l'aide à mourir, ainsi que le délit d'incitation, ont été supprimés en commission, la décision ayant été accueillie avec soulagement par de nombreux acteurs du débat.
Alors que les différentes parties continuent d'exprimer leurs positions divergentes, les discussions à venir s’annoncent encore plus déterminantes. Un vote solennel est prévu pour le 30 juin, et les parlementaires se préparent déjà à une bataille de dernière minute concernant le contenu et la direction qu'il devrait prendre.







