Pour assurer la stabilité de la dette publique en France, un rapport remis ce mercredi par quatre économistes mandatés par le ministère des Finances (Bercy) propose un effort budgétaire colossale de 126 milliards d'euros d'ici 2032. Ce redressement doit impérativement débuter en 2027.
Les expertises de ce collectif indiquent qu'à politique inchangée, le déficit public, prévu à 5 % du PIB pour cette année, pourrait grimper à 5,9 % en 2028 et atteindre 6,8 % en 2030. Selon le ministre de l'Économie, Roland Lescure, atteindre cet objectif initial sera complexe, notamment à cause des coûts engendrés par des conflits internationaux, notamment au Moyen-Orient.
En outre, la trajectoire de la dette est également préoccupante. Les économistes estiment qu'elle pourrait passer de 118,4 % en 2026 à 130,5 % en 2030. Ce constat alarmant a été établi par des spécialistes tels que Xavier Ragot, Jean-Luc Tavernier, Xavier Jaravel et Natacha Valla. Ces derniers ont été chargés, mi-mai, d'évaluer les enjeux financiers pour 2030 et d'explorer des scénarios de redressement.
L'effort devra être partagé, soulignent-ils, avertissant qu'il serait illusoire de penser que la charge pourrait être concentrée sur une catégorie spécifique de la population.
En 2027, les économistes anticipent un creusement marqué du déficit, amplifié par des charges d'intérêts de la dette, la hausse de la loi de programmation militaire, ainsi que la suppression de la surtaxe d'impôt sur les sociétés, qui générait environ 8 milliards d'euros par an, selon leurs analyses.
Les leviers du redressement budgétaire
Pour ce redressement, la mission recommande un ajustement budgétaire durable qui mobiliserait trois leviers : la réduction des dépenses publiques, l'augmentation des recettes, et un renforcement du potentiel de croissance économique. Ils insistent sur la nécessité d'une volonté politique forte pour mener à bien ces ajustements dès 2027, une année électorale cruciale où l'inaction pourrait s'avérer catastrophique.







