Les élections municipales des 15 et 22 mars 2023 s’annoncent sous un jour nouveau avec l’introduction du scrutin de liste paritaire pour les communes de moins de 1 000 habitants. Cette mesure pourrait révolutionner la participation électorale en milieu rural.
Ce changement, qui met de côté les traditionnelles élections par vote majoritaire, vise à promouvoir la parité et à encourager un plus grand engagement des citoyens dans la politique locale. Finis les bulletins de vote complexes où les noms pouvaient être rayés, maintenant les électeurs devront choisir une liste complète, simplifiant ainsi le processus de vote et rendant les résultats plus clairs.
Dans le Comminges, par exemple, parmi près de 240 communes, seules 13 utilisaient jusqu’alors ce système de scrutin. Le cadre législatif, selon le Ministère de l’Intérieur, vise à harmoniser les pratiques électorales, à renforcer la parité et à remédier à la crise de l'engagement rencontrée dans les villages et petites communes.
Le défi de la représentativité
Lors de l’assemblée générale des maires ruraux de Haute-Garonne, la conseillère régionale Marie-Caroline Tempesta a souligné la sous-représentation des femmes dans les postes de maire, seulement 18,9 % des maires étant des femmes, malgré leur présence de 48,3 % parmi les adjoints. Patrick Lefebvre, président des maires ruraux de Haute-Garonne, confirme cette réalité et insiste sur la nécessité d'ouvrir davantage ces fonctions aux femmes, pour bénéficier de leurs perspectives et idées souvent innovantes.
Claire Vougny, maire de Labarthe-Rivière, partage son expérience en soulignant que, bien qu'elle ait réussi à s'imposer, elle doit jongler continuellement avec des attentes familiales, professionnelles et communautaires. Ce qui rend le parcours souvent semé d’embûches, surtout dans une société encore empreinte de stéréotypes de genre.
D'autres témoignages, notamment ceux de maires de petites communes, révèlent le défi de constituer une liste électorale. Pour une commune de 60 habitants, un maire explique que, une fois éliminés les jeunes et les personnes âgées, il ne reste pas grand monde pour former une équipe, souvent principalement des femmes désireuses de s'engager mais se sentant incapables de le faire.
À Aspet, la situation n'est pas plus simple. Jean-Claude Sans, qui espérait simplement s'investir dans sa communauté, se retrouve à chercher 14 personnes acceptant de l’accompagner dans sa démarche, dont 7 femmes. Ce constat est alarmant et souligne l’urgence de repenser les modes de gouvernance locale en intégrant toutes les voix dans le processus. Le prochain scrutin sera un test crucial pour voir si cette nouvelle approche pourra réellement transformer cette dynamique.







