Alors que l'Assemblée nationale se prépare à examiner le projet de loi de finances, la perspective d'une majorité semble mal engagée. Plusieurs figures politiques, dont l'ancien président François Hollande et l'ex-ministre Michel Barnier, incitent Sébastien Lecornu à envisager le recours à l'article 49.3 de la Constitution, qui permet d'adopter un texte sans vote, en cas de motion de censure.
Hollande, lors de son intervention dans l'émission "Questions politiques" sur France Inter le 11 janvier, a affirmé que bien que le compromise existant ait été exploré, la situation actuelle n'offre plus de temps à perdre. "Les Français attendent un cadre pour investir ou consommer", a-t-il souligné, appelant à une déclaration claire pour la fin du mois.
Michel Barnier, quant à lui, a exprimé son incompréhension quant à l'engagement initial de Lecornu de ne pas utiliser le 49.3, signalant que la situation politique actuelle le contraint à envisager cette option. "Il ne peut pas faire autrement", a-t-il ajouté.
Éric Lombard, ancien ministre des Finances, a aussi mis en avant un besoin urgent de changement de méthode. Il a déclaré : "Les négociations avec les partis ne vont pas suffire". D'autres chefs de file politiques partagent cette vision, insistant sur le fait que la non-utilisation du 49.3 serait un "abandon de responsabilité". Lombard a averti que la méthode actuelle "ne fonctionne pas", suggérant plutôt d'agir rapidement pour éviter une crise majeure.
Les tensions augmentent alors que l'idée de faire passer le budget par voie d'ordonnances, prévue par l'article 47, a été qualifiée de procédés risqués par plusieurs intervenants, conjurant Lecornu d'opter pour le 49.3. En effet, cette clause, bien que controversée, pourrait permettre d'achever le processus budgétaire sans une impasse prolongée. Le gouvernement, en évitant le 49.3, semble jouer un jeu dangereux face à une opposition fragmentée et de grands enjeux économiques.
En somme, le sort du budget semble suspendu à une décision rapide, alors que le pays attend des réponses claires. Le recours à cette procédure pourrait également avoir des conséquences durables sur la dynamique politique, créant des tensions supplémentaires entre le gouvernement et l'opposition.







