Des milliers de femmes se sont rassemblées à Paris et dans 150 autres villes de France pour défendre leurs droits, dénoncer les violences sexuelles et mettre en lumière la menace du conservatisme.
Parmi les participantes, Gisèle Pelicot, devenue une figure emblématique de la lutte contre les violences faites aux femmes, était présente avec sa fille Caroline Darian. Toutes deux se sont jointes à la Fondation des femmes au départ de la manifestation depuis Stalingrad, peu après 14h30.
« On ne lâchera rien ! » a proclamé Gisèle Pelicot alors qu'elle était acclamée par la foule, des manifestants lui criant des remerciements. Caroline, émue, a partagé : « Je suis extrêmement honorée d'être ici avec ma maman, qui envoie un message d'espoir à toutes les victimes. »
Après un moment dans le cortège, Gisèle Pelicot a quitté la manifestation, laissant sa fille se mêler aux militantes féministes, notamment la chanteuse Suzane, qui a interprété sa chanson « Je t'accuse », dénonçant à son tour les violences sexuelles.
En tête du cortège, la banderole du collectif organisateur, Grève féministe, était portée avec fierté par des figures comme Sophie Binet, la leader de la CGT, et Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif National pour les Droits des Femmes.
Des participants comme Alice, mère de deux enfants de 6 et 8 ans, avaient également fait entendre leur voix. Ses enfants arboraient des pancartes slogans, témoignant de l'importance qu'elle attribue à l'éducation à ces questions. « En France, on est chanceux, c’est important d’exprimer ses idées », a-t-elle confié à l'AFP.
A Bordeaux, Lille, Marseille, et d’autres villes, la mobilisation a été forte, portée par une centaine d’associations qui mettent en avant les dangers que représente la montée de l'extrême droite pour les droits des femmes alors que les élections municipales approchent, prévues pour le 15 et 22 mars.
Anne Leclerc, du Collectif national pour les droits des femmes, a souligné l'exemple alarmant des États-Unis sous Donald Trump, affirmant que « son mandat a été un laboratoire pour des mesures anti-femme ». Elle met en garde : « Les droits des femmes ne doivent jamais être considérés comme entièrement acquis ».
Sarah Durocher, du Planning familial, a également attiré l'attention sur des problèmes d'accès à l'avortement en France, pointant des fermetures de structures d'aide sur le terrain.
En parallèle, une vingtaine de militantes Femen ont mené une action symbolique au Louvre pour dénoncer l’impunité entourant l’affaire Epstein, en inscrivant les noms de figures controversées sur leur corps. Ces militantes, vêtues de masques de porcs, ont exécuté une danse pour mettre en lumière l’horreur du trafic sexuel.
Les revendications portent également sur l’émancipation économique : un rapport de l’Insee a révélé que le salaire des femmes reste en moyenne de 21,8 % inférieur à celui des hommes, et l'écart se chiffrerait encore à 3,6 % en équivalent temps plein.
L'an dernier, les organisateurs avaient revendiqué environ 120 000 participants à la marche de Paris, faisant monter le total à 250 000 à travers le pays. La police avait alors enregistré 47 000 manifestants à Paris, soit presque le double par rapport à l'année précédente.







