Le magazine “Courrier international” s'intéresse cette semaine au choc pétrolier provoqué par les récents événements au Moyen-Orient, en particulier la fermeture du détroit d’Ormuz. Le 28 février, des tensions ont éclaté, entraînant une escalade des hostilités et des répercussions directes sur le marché mondial du pétrole.
“C’est le coup de grâce”, a déclaré David Goldwyn dans un article alarmant du New York Times. Ancien membre du ministère de l’Énergie des États-Unis, il évoque les dangers d'une fermeture prolongée du détroit d’Ormuz, essentiel pour le transport de pétrole à l’échelle mondiale. Ce scénario, que beaucoup redoutaient, semble désormais être une réalité.
Saad Al-Kaabi, ministre de l’Énergie qatari, a également soulevé des inquiétudes similaires dans The Economist, en affirmant le 6 mars que la situation pourrait “mettre l’économie mondiale à genoux”. QatarEnergy, qui joue un rôle crucial en produisant 20 % du gaz naturel liquéfié mondial, a dû stopper ses opérations en raison des frappes iraniennes.
Les conséquences vont au-delà de la fourniture d'énergie. Le Financial Times souligne que “la guerre au Moyen-Orient pourrait entraîner un choc alimentaire mondial encore plus grave que celui causé par l'invasion de l'Ukraine en 2022”. En effet, un tiers du commerce maritime d'engrais passe par cette route stratégique, dont la fermeture a gravement perturbé l'approvisionnement en urée, l'engrais azoté le plus utilisé au monde.
En réponse à cette crise, plusieurs pays ont déjà commencé à libérer leurs réserves stratégiques de pétrole, avec des États membres de l’Agence internationale de l’énergie déstockant jusqu'à 400 millions de barils. Ce déblocage est le plus important de l'histoire de l'agence, fondée en 1974 suite au premier choc pétrolier.
Bien que des alternatives soient mises en place par les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite pour acheminer du pétrole, les volumes restent inférieurs à la demande. La peur et l'incertitude se répandent à travers les marchés, exacerbées par l'imprévisibilité des dirigeants en jeu, comme le rappelle The Economist.
Alors que le président américain Donald Trump tente de trouver des solutions en appelant à l'aide internationale, ses préoccupations politiques personnelles entrent également en jeu. En effet, selon Time, les Américains ressentent déjà les conséquences économiques de ce conflit, et ces inquiétudes pourraient influencer ses futures décisions politiques.
Dans un contexte où les vies humaines et l'espoir semblent s'effondrer, deux récits poignants de L’Orient-Le Jour et The Guardian évoquent l’impact de la guerre sur les civils. Une journaliste libanaise et un Iranien anonyme partagent leurs expériences de la vie quotidienne sous les bombardements, révélant une réalité marquée par la peur et l'angoisse.
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