À moins d'une semaine d'une élection cruciale, Jean-Michel Aulas, figure emblématique du football lyonnais, et ses colistiers réajustent leur stratégie de campagne pour faire face à un résultat défavorable anticipé. Selon des sources proches de son équipe, l'heure est à une offensive communicationnelle renforcée, combinée à une présence sur le terrain accrue afin de tenter d'inverser la dynamique électorale.
« L’équipe Une est en train d’entrer sur le terrain, » déclare Alexandre Vincendet, réélu dès le premier tour à la mairie de Rillieux-la-Pape avec un score de 72,67 %. Le conseiller politique, qui a accompagné Aulas dans ses décisions depuis 2020, évoque une nouvelle approche tactique. Son expertise en gestion de crises, bien que ternie par l'affaire Bygmalion, pourrait être déterminante dans cette dernière ligne droite.
Une stratégie de la dernière chance
À quelques jours de la fin de la campagne, le bilan semble préoccupant. L'approche initiale choisie par l'agence de communication de Roman Abreu a été qualifiée d'échec retentissant. À travers cette démarche, Aulas a voulu se positionner comme un chef d'entreprise à succès, mais cette ligne narrative s'est révélée déconnectée des préoccupations des Lyonnais. Les électeurs se préoccupent avant tout de questions de sécurité et de mobilité, et non de la réussite personnelle d’un entrepreneur.
L'absence d'une communication politique bien ancrée a aussi nui à l'image d'Aulas. Alors que son objectif était de rassembler, il s'est progressivement isolé, manquant de soutien de la part des partis qui l'entourent, créant une impression de flou sur sa position politique. Son récent alignement avec le Parti animaliste, en relation avec des figures politiques plus classiques, a également posé problème.
D'autre part, la communication digitale employée est apparue trop formelle et dépassée, ce qui n'a pas su capter l'attention des électeurs. Les absences de Aulas à des débats importants ont exacerbé le sentiment de fragilité de sa candidature, un aspect que son équipe aurait dû adresser avec plus de rigueur.
Un climat politique tendu
Dans ce contexte défavorable, l'alliance entre EELV et LFI suscite des craintes parmi les soutiens d'Aulas. Les récents bouleversements dans les urnes, couplés à des appels à l'action sur le terrain, témoignent d'une mobilisation intense, notamment à Rillieux où les militants s'engagent à fond pour renverser la tendance. Samuel Soulier, nouveau maire du 6e arrondissement, confie que la demande de procurations a significativement augmenté, révélant une inquiétude croissante des électeurs face à cette coalition.
Cependant, l'efficacité d'une telle mobilisation reste incertaine. Les électeurs, avertis, pourraient ne pas suivre aveuglement les consignes de vote. Arthur Blet, membre de l'équipe de communication de Grégory Doucet, assure que le programme reste inchangé, mais cela ne semble pas rassurer les sceptiques.
Pour le maire de Rillieux, la situation est critique : « Ce qui se joue dimanche, c’est la capacité des Lyonnais à résister. C’est une question de conscience civique, » prévient-il, avertissant du climat incertain qui règne dans le paysage politique local. Emmanuel Hamelin, ancien député et tête de liste Horizons, avertit que l’intensification des tensions à l’Assemblée nationale se traduira également à Lyon, après la tragédie de Quentin qui a profondément marqué les esprits.
Alors que le temps presse pour Aulas et son équipe, il est impératif de capter l'attention des électeurs modérés et ceux qui se sont abstenus lors du premier tour. La mobilisation des troupes sur le terrain, associée à un message de campagne résolut et sincère, pourrait s'avérer être la clé d'un retournement de situation.







