l'essentiel
Élue depuis 1977 et maire de Francescas depuis 2014, Paulette Laborde ferme la porte de la mairie ce vendredi soir, marquant la fin d'un demi-siècle de service dévoué à sa commune.
Ce soir, la paisible commune de Francescas s'apprête à dire adieu à une figure emblématique. En accueillant sa successeure, Joannie Carrère, Paulette Laborde refermera discrètement la porte bleue de la mairie, clôturant ainsi un chapitre de 49 années de vie publique. « Je vais m’éclipser », confie-t-elle, illustrant la modestie d'une femme qui a marqué la politique locale. L'acteur Vincent Lindon, lors d'une inauguration à Nérac, avait déjà évoqué son nom avec chaleur : « Vous connaissez Paulette ? Ah Paulette… »
Tout a débuté en 1977, lorsque Daniel Cabaup, adjoint de l'ancien maire, persuade la jeune agricultrice de 23 ans de rejoindre une liste aux élections municipales, malgré son héritage politique familial. « C’était la méthode Soucaret, aller chercher des forces dans l’opposition », sourit-elle aujourd'hui.
Une ascension surprenante
En côtoyant des figures marquantes de la scène politique, Paulette Laborde apprend vite les rouages de l'administration municipale. « Au début, c'était une découverte totale, surtout sous la direction de M. Soucaret, qui avait une manière très personnelle de gérer les choses », se remémore-t-elle.
Durant son parcours, elle a gravi les échelons, passant de conseillère à maire. En 2008, malgré une proposition de succéder à Soucaret qu'elle refuse, elle cède six ans plus tard face à la dégradation de la santé de son mentor. Son engagement n’a pas faibli, même lorsqu’en 2017, un cancer la frappe. « J’ai continué à assister à toutes les réunions, avec ma poche de chimio », se rappelle-t-elle avec détermination.
Un départ salutaire
Aujourd'hui, elle ressent le poids des années. « Physiquement, je ne peux plus conduire la nuit. Je me sens fatiguée », avoue-t-elle, tout en confessant la lassitude accumulée face à des événements récents tels que les démissions de plusieurs élus et les défis engendrés par le Covid. « La décision de partir a été facile à prendre. Je suis soulagée et il est temps de laisser la place aux jeunes. »
En réfléchissant à ses longues années de service, elle déclare, avec humilité : « Je ne ressens pas de fierté, mais un devoir accompli, même si certains projets n'ont pas vu le jour. À Francescas, nous avons toujours été bien élus. »
Libérée de ses fonctions, cette septuagénaire se prépare à profiter de sa retraite : « Je vais retrouver les associations que j'avais dû abandonner et prendre le temps de voir mes amis. » Un repos bien mérité après une vie dédiée à sa commune.
Une personnalité forte et authentique
Avec Paulette Laborde, le caractère se dévoile rapidement. « Je suis consciente d’avoir un fort caractère, ce qui n’a pas toujours facilité les choses durant ce mandat », admet-elle. Son audace et sa franchise sont remarquées, mais derrière cette front, se cache une femme délicate, qui a su s'imposer dans un milieu souvent masculin, sans jamais chercher la gloire.
Victime d'un traumatisme en 2008 lors d'une séquestration, elle n'a jamais cherché à alimenter le drame, préférant voir la vie sous un angle positif : « Nous n’étions pas mortes. Je m’efforce de toujours tirer le bon du mauvais. »







