Après des années à être qualifié de "maire non élu", Benoît Payan fait enfin valoir son leadership en remportant les élections face au Rassemblement National (RN) à Marseille. Cet homme de gauche, engagé en politique depuis des années, se retrouve en position de force.
Avec ses yeux bleu clair et son visage aux traits arrondis, Benoît Payan évoque Marseille avec une passion authentique. Il décrit sa ville comme "belle et rebelle", et insiste sur sa place en tant que "capitale de la Méditerranée". Pour lui, chaque battement de cœur marseillais résonne comme un appel à la fierté locale.
Cependant, ses détracteurs l'accusent d'être un opportuniste, un apparatchik du Parti socialiste qui aurait utilisé l'écologiste Michèle Rubirola comme un simple instrument pour s'installer au pouvoir. Ce retournement ne passe pas inaperçu dans la rue, où de nombreux électeurs lui reprochent sa provenance d'un PS entaché par des scandales.
"Heureusement que Marseille a Benoît Payan!" s’exclame Olivia Fortin, sa prédécesseur en tant qu’adjointe, rappelant comment l'administration précédente a laissé la ville dans un état lamentable, après des décennies sous la direction du LR Jean-Claude Gaudin.

Payan se distingue également par sa manière de mobiliser des fonds publics pour le projet "Marseille en grand". Ce plan, soutenu par Emmanuel Macron, apporte une bouffée d'air frais avec une enveloppe de 5 milliards d'euros pour rénover l'infrastructure de la ville, notamment ses écoles.
D'origine modeste, avec des racines italiennes qui l’ont façonné, Payan est le fils unique d'un menuisier et d'une employée d’Urssaf. Son parcours, qui l’a mené depuis ses débuts au PS à un rôle d’importance dans la politique locale, témoigne de son engagement permanent.
Ce diplomé notaire a choisi de ne pas pratiquer et a embrassé une carrière politique dès l’âge de 14 ans. Selon l’ex-ministre Marie-Arlette Carlotti, sa détermination à influencer le paysage politique marseillais a été constante, même lorsqu’il a été nommé conseiller départemental en 2015.
En tant que chef de file de l'opposition sous Gaudin, il a toujours eu un œil critique sur les délibérations municipales. Malgré le défi accru d'une métropole contrôlée par la droite, Payan a réussi à faire entendre la voix de Marseille à un niveau international, avec des événements marquants comme l'arrivée de la flamme olympique.
Payan insiste sur l'importance de l'unité. Il a refusé de polariser davantage la ville en rejetant la proposition d'afficher les drapeaux israélien et palestinien devant la mairie en réponse aux conflits en cours. "Mon but, c'est de recoudre la ville, de retisser les liens qui unissent tous les Marseillais", affirme-t-il.
Son approche, cependant, a provoqué des tensions avec des membres écologistes, certains n’hésitant pas à critiquer ses méthodes, jugées trop centralisées. Malgré ces critiques, il a démontré une capacité à résister à la montée des extrêmes, y compris le RN, qui se rapproche dangereusement de la ville.
Ainsi, malgré les querelles internes et les oppositions, Benoît Payan continue de tracer son chemin à Marseille, avec l’ambition de redresser cette ville pleine de potentialités, tout en naviguant sur les complexités de la politique locale.







