Dans un contexte chargé d'émotion, Benoît Payan, le maire sortant, a été réélu confortablement à Marseille, crédité d'une victoire significative avec sa liste de gauche, loin devant le candidat du Rassemblement National, Franck Allisio. Ce dernier a réussi à éclipser totalement la droite classique locale, marquant ainsi un tournant dans le paysage politique de la cité phocéenne.
D'après les estimations d'Elabe-Berger Levrault pour BFMTV et du Ifop-Fiducial pour d'autres médias français, Benoît Payan obtient entre 53,7% et 54% des suffrages, tandis que Franck Allisio récolte entre 40,5% et 41%. Martine Vassal, représentante de la droite et du centre, n'atteint que 5% des voix.
La bascule vers la gauche de Marseille, après un quart de siècle de domination de droite, avait déjà été un choc lors des municipales de 2020. Une victoire du RN aurait été perçue comme un véritable cataclysme, à un an de l'élection présidentielle.
"Les Marseillaises et les Marseillais nous ont offert une victoire nette et claire", a affirmé M. Payan, ému, peu après l'annonce des résultats. "Cette ville, que d'aucuns croyaient acquise au Rassemblement National, a prouvé qu'elle pouvait encore résister et rester unie. La confiance qui m'est accordée m'engage fortement", a-t-il ajouté, s'adressant à son équipe dans son local de campagne sur la Canebière.
Malgré une pluie battante et la défaite de l'Olympique de Marseille face à Lille, l'atmosphère restait teintée d'optimisme pour les partisans de Payan. "Ouf!", a lâché Erwan, 48 ans, qui a voté après s'être abstenue au premier tour.

Tout au long de la campagne, le maire sortant avait cherché à se positionner en rempart contre l'extrême droite, soulignant l'héritage multiculturel de cette métropole méditerranéenne. De son côté, M. Allisio avait axé sa campagne sur la sécurité, proposant de tripler les effectifs de la police municipale et d'établir des "zones familiales" sur les plages, une initiative rapidement critiquée.
Alors qu'un scénario à quatre était envisagé après le premier tour, M. Payan avait affirmé qu'il ne s'allierait pas avec LFI, malgré sa position déjà très favorable au second tour. Après avoir émis une demande de fusion, le député LFI, Sébastien Delogu, s'est finalement retiré, laissant entrevoir une stratégie au sein de l'électorat de gauche.
Le résultat du Rassemblement National, bien que s'étant soldé par une défaite, représente un score historique. "C'est sans précédent", s'est félicité Allisio. Il a également mis en avant l'effondrement de la droite classique, signalant que la dynamique avait été brisée, et a accusé Mme Vassal de trahison.
La structure du scrutin a changé depuis 2020, compliquant les comparaisons. Au premier tour, Allisio avait presque triplé les voix du RN par rapport à 2020, attirant l'attention sur le nouveau mécanisme électoral. Dimanche, le RN a également remporté deux des huit mairies de secteur de la ville, consolidant sa place dans le paysage marseillais.







