Ce lundi 30 mars, un ancien délégué syndical de la Fromagerie des Chaumes à Mauléon-Licharre a été jugé par le tribunal correctionnel de Pau. Les accusations de harcèlement et d'agressions sexuelles sur le lieu de travail planent sur lui, alimentant un dossier déjà civilement préoccupant.
Cindy, l'une des plaignantes, a témoigné au tribunal : « Ses gestes et ses paroles ont détruit ma vie ». Avec deux autres femmes, elle a déposé plainte pour des faits s'étalant entre 2016 et 2023, attribués à leur supérieur. L'homme en question, né en 1968, était député syndical à la fromagerie.
Le soutien des proches et des membres d'associations féministes telles que "Nous toutes" et "Partageons nos silences" a été massif, avec près d'une cinquantaine de personnes présentes au tribunal. La défense de l'accusé, qui conteste l'intégralité des charges, soutient qu'il n'a jamais touché ni agi de manière inappropriée envers ses subalternes.
Une parole contre une autre
Les déclarations des plaignantes révèlent un schéma similaire de comportements inappropriés, ce qui a été souligné par l'avocate des victimes, Maître Stéphanie Germa, ainsi que par le procureur Richard Pineau. Ce dernier fait valoir qu'il est difficile de croire que toutes ces femmes pourraient mentir sur de tels événements traumatisants.
Le prévenu, marié et père de deux enfants, minimise les actes reprochés, les qualifiant d'humour inapproprié. Ses tentatives pour justifier ses comportements sont rejetées avec véhémence par les plaignantes, qui témoignent de l'anxiété et de la souffrance qu'elles endurent.
« J’ai eu parfois la nausée en lisant le dossier. Pourtant j’en ai vu d’autres », déclare le procureur, faisant écho à la gravité des allégations.
Les témoignages retracent une ambiance de travail graveleuse, où insultes et blagues de mauvais goût étaient monnaie courante. Un comportement qui, selon le procureur, ne devrait jamais être toléré dans un environnement professionnel.
Un procès symbolique
Les six plaignantes réclament chacune 15 000 euros pour le préjudice subi. Le ministère public a requis une peine de deux ans de prison avec sursis et une interdiction formelle de contact avec les plaignantes. La défense, quant à elle, plaide pour que le contexte de l'usine, marqué par une ambiance « immature » et « permissive », soit pris en compte, soutenant que le prévenu n'est pas l'unique responsable de ces comportements.
Le tribunal rendra son délibéré le 30 avril prochain, un rendez-vous que les plaignantes attendent avec appréhension.







