Alors que nous entrons en 2026, l'immobilier en Gironde traverse une période de turbulence. Selon l'Observatoire immobilier du Sud-Ouest (OISO), 1 669 logements neufs ont été vendus en 2025, marquant une baisse de 7 % par rapport à l'année précédente et un effondrement de 52 % par rapport à 2021. Cette chute dévoile un retour difficile à la normale après des années d'euphorie post-COVID.
Aujourd'hui, bien que l'offre ait augmenté de 29 %, atteignant 2 750 logements mis en vente, la demande reste trop faible pour équilibrer le marché. Le stock disponible s'élève à 3 518 logements, entraînant un déséquilibre qui pèse lourdement sur les promoteurs immobiliers.
Une dynamique en mutation
À Bordeaux Métropole, le constat est similaire : seules 1 159 ventes ont été réalisées, principalement par des acheteurs occupant les lieux. Les investisseurs, autrefois moteurs du marché, sont largement absents. La fin du dispositif Pinel a marqué un tournant décisif, rendant le financement des projets locatifs plus complexe.
Cela s’explique par le changement des critères d’évaluation des emprunts, qui augmentent la difficulté d’accès au crédit. Corine Coudère, courtier chez Finance Conseil à Angoulême, indique : « Même si ces investisseurs souhaitent agir, les nouvelles régulations les bloquent. »
Les ventes aidées, telles que celles sous le statut du bail réel solidaire (BRS), sont en hausse, représentant désormais 40 % des transactions. Cependant, ce soutien ne suffit pas à redynamiser l'ensemble du marché.
Des prix en pause, mais une pression croissante
Le prix moyen du neuf reste stable, à 4 896 euros/m² en Gironde et 4 854 euros/m² à Bordeaux, suite à des hausses précédentes. Toutefois, cela cache une réalité difficile : les taux d'intérêt sont en hausse, dépassant les 3,25 %, ce qui pourrait encore affecter l'accessibilité au financement.
En parallèle, le marché des terrains à bâtir montre des signes de reprise, bien que l'offre excède toujours la demande. En 2025, les ventes augmentent modestement, mais ne suffisent pas à relancer la dynamique globale de la construction.
En somme, le marché immobilier girondin cherche à se stabiliser, mais de multiples défis demeurent. Le futur du secteur dépendra en grande partie de l'évolution des conditions économiques et des politiques de soutien mises en place.







