Le souvenir des violences subies lors de son enfance a refait surface de manière inattendue lorsque Dominique Corraza, aujourd'hui sexagénaire, devait s'équiper pour traiter son apnée du sommeil. En se rendant compte qu'il rencontrait un blocage face au matériel, il a décidé d'aller consulter un professionnel de la thérapie EMDR, qui se concentre sur la libération des mémoires traumatiques, comme l'indique l'Institut national de la santé et de la recherche médicale.
Ce cheminement, qu'il qualifie de long et difficile, l'a conduit à se souvenir d'agressions sexuelles survenues entre 7 et 10 ans, alors qu'il était enfant de chœur en Bergeracois. Après des années d'amnésie, il exprime son incrédulité face à ces souvenirs. « On ne sait plus qui on est, ça laisse KO. On n’a plus d’envie ni de projet », confie-t-il. Pour l'accompagner dans sa quête de vérité, il a également été soutenu par la cellule d'écoute mise en place par l'Église en Dordogne.
Pas que des victimes
Dominique souligne que le mal-être persistant a marqué sa jeunesse : « L’adolescence a été un enfer, mais je ne comprenais pas pourquoi ». Il espère à présent encourager d'autres personnes à partager leurs expériences. Pour lui, ces événements éclairent de manière tragique l’ensemble de sa vie, de ses choix et de ses difficultés relationnelles.
Engagé dans cette démarche, Dominique a participé aux activités de l'association Les Yeux grands ouverts avant de fonder sa propre structure, nommée 'Enfance volée'. « Il est essentiel de comprendre que nous ne sommes pas que des victimes. Nous avons besoin de devenir acteurs et de briser le silence autour du sujet », affirme-t-il. Avec cette nouvelle initiative, il souhaite avant tout protéger les enfants pour qu'ils n'aient pas à vivre ce qu'il a subi. À partir de septembre, des ateliers d'écriture et des groupes de parole seront mis en place pour sensibiliser les jeunes et leurs familles à ces problématiques.







