Jusqu'à 30 % des enseignants du premier degré public pourraient se mettre en grève ce mardi, suivant les indications du SNUipp-FSU, pour exprimer leur mécontentement face aux suppressions de postes et aux fermetures de classes. Selon Aurélie Gagnier, secrétaire générale du premier syndicat du primaire, la mobilisation pourrait varier considérablement d'un département à l'autre, avec certaines régions comme Paris, la Gironde, et l'Aude s'annonçant particulièrement actives.
Alors que les enseignants du second degré ne sont pas obligés de déclarer leur grève à l'avance, Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, a affirmé que la participation pourrait également être significative dans des académies telles qu'Aix-Marseille et Lille. "Nous anticipons un fort suivi", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse.
La FSU, l'Unsa, la CFDT, la CGT et SUD ont conjointement lancé une semaine d'actions, avec une journée de grève nationale programmée pour amplifer une mobilisation qui dure depuis début 2023. Les syndicats dénoncent les choix budgétaires "court-termistes" qui aggravent les conditions d'un service éducatif déjà en difficulté. "Des actions ont eu lieu chaque semaine depuis janvier", souligne Vénétitay, témoignant d'une mobilisation constante au sein des établissements.
Le 17 février dernier, des centaines de manifestants se sont rassemblés à Paris, alors que 6,16 % des enseignants d'Île-de-France étaient en grève. Les prévisions pour la rentrée 2026 anticipent la suppression de 4 000 postes, dont près de 1 900 dans le premier degré public et environ 1 365 dans le second degré, une situation que le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, a justifiée par une "chute démographique vertigineuse".
Morgane Verviers, secrétaire de l'Unsa-éducation, a critiqué l'usage de cette baisse démographique comme prétexte à une rationalisation qui, selon elle, ne prend pas en compte les opportunités offertes pour revitaliser le système éducatif : "C'est une occasion de donner de l'air aux institutions, pas seulement de réduire les effectifs". Laetitia Aresu, de la CFDT Éducation, a également souligné que l'absence de mesures salariales significatives affectait le moral du personnel enseignant, accentuant ainsi les défis auxquels ils font face au quotidien.







