Le moustique tigre, un redoutable vecteur de maladies comme la dengue et le chikungunya, suscite des inquiétudes croissantes. En revanche, il existe un espoir : la technique de l’insecte stérile (TIS) pourrait apporter une réponse efficace à ce problème sanitaire.
Actuellement mise en œuvre à La Réunion, cette méthode consiste à lâcher des moustiques mâles stérilisés par irradiation dans la nature. L’objectif est de réduire fortement leur population, permettant ainsi de diminuer la transmission des maladies. Selon Jérémy Bouyer, directeur de recherche au Cirad, les essais actuels montrent déjà des réductions de plus de 80 % des populations de moustiques.
L’avenir semble prometteur avec un projet de construction d'une usine à La Réunion, capable de produire entre deux et quatre millions de moustiques stériles par semaine. Ce dispositif permettra de traiter l’ensemble des communes intéressées, avec un essai pilote prévu dès 2027.
Un modèle inspiré de Singapour ?
À l’échelle mondiale, Singapour se présente comme un modèle en matière de lutte contre ces vecteurs. Avec près de 40 % de sa population protégée grâce à des méthodes innovantes, ce pays est à l’avant-garde de l’intégration de technologies avancées, comme la technique de l’insecte incompatible.
En France métropolitaine, des villes de Charente-Maritime se montrent intéressées par la mise en œuvre de la TIS. Ces initiatives pourraient débuter dès 2027, sous condition de financement approprié, car cette méthode représente un coût de 500 euros par hectare par an.
Vers une évaluation de l’efficacité
Les autorités sanitaires, bien conscientes de l’intérêt de ces techniques, encouragent approfondissement des recherches. Le professeur Didier Lepelletier, directeur général de la Santé, souligne qu’il est crucial de réaliser des études sur les effets potentiels de cette lutte sur d’autres espèces de vecteurs.
En conclusion, la lutte contre le moustique tigre pourrait connaître un tournant décisif dans les années à venir, grâce à la technique de l’insecte stérile. Les premiers résultats sont attendus avec impatience, alors que la menace des maladies vectorielles ne cesse de croître sur le territoire français.







