Depuis un mois, les aides-soignants de l'Ehpad des Feuillants à Poitiers sont en grève pour revendiquer des conditions de travail dignes. François Ruffin, député de la Somme et figure montante de la gauche, s'est rendu sur place pour soutenir cette mobilisation exceptionnelle dans un secteur habituellement peu enclin à ces actions.
Les grévistes, qui représentent près de la moitié des 40 salariés, expriment des inquiétudes sur la manière dont ils exercent leur métier, souvent contraints par un rythme de travail épuisant. "On culpabilise de ne pas faire assez pour nos résidents," confie Clarisse Gnoble, aide-soignante depuis huit ans, rappelant une précédente grève en 2020 qui avait déjà mis en lumière des besoins de revalorisation salariale et de ressources.
Une grève rare dans le secteur
"On est à plus d'un mois de grève et nous n'avons rien à perdre," déclare Jenny Girardey, les yeux fixés sur la direction. Les réquisitions de personnel mises en place n’ont pas découragé leur volonté de faire entendre les voix de tous ceux qui, comme elles, œuvrent dans des conditions précaires.
François Ruffin a déclaré : "C'est un symbole pour tout le pays, les aides-soignantes des Ehpad veulent également faire entendre leurs revendications pour une meilleure reconnaissance de leurs efforts."
Conditions de travail et salaire, les nerfs de la guerre
Juliette Thueux, aide-soignante, partage un témoignage poignant sur les conditions de travail : "On doit réaliser des soins en un temps record, alors que chaque résident mérite notre attention complète." Les promesses de matériel, indispensables à leur confort et à celui des résidents, restent lettre morte.
Les grévistes appellent à une revalorisation de 1,50 euro de l'heure, soit une augmentation mensuelle de 150 à 200 euros. "Nous attendons des propositions concrètes de la direction, mais les réunions se soldent souvent par des promesses vides," constate Marthe Aamboa.
Le soutien de figures comme la députée écologiste Lisa Belluco et l'ex-maire de Poitiers Léonore Moncond'huy apporte une légitimité supplémentaire à ce combat social. La CGT, qui soutient cette mobilisation, évoque des actions légales pour défendre les droits des grévistes face aux retraits de personnel dans ce contexte délicat.
À Poitiers, la lutte des aides-soignants est devenue un symbole d’un besoin urgent de changement, et de bien-être au travail dans le secteur des soins. Les promesses d'améliorations se font attendre, mais la détermination des grévistes, soutenue par François Ruffin, pourrait porter ses fruits.







