Au tribunal judiciaire de Pau, une audience s'est tenue sans que le procès d'une masseuse-kinésithérapeute ne puisse être lancé en raison d'un ensemble de contraintes. Le président du tribunal souligne que cette situation est liée à un manque de personnel dans le système judiciaire.
Jeudi dernier, le seul dossier à l'ordre du jour concernait une masseuse-kinésithérapeute de Bidos, âgée d'une soixantaine d'années, accusée d'exercice illégal de la médecine. L'intéressée n'étant pas inscrite à l'ordre national des masseurs-kinésithérapeutes entre 2012 et 2015 ne peut se soustraire aux conséquences judiciaires de son statut, a rapporté ICI Béarn Bigorre. Bien que son renvoi ait été ordonné, le juge d'instruction a exclu les accusations d'escroquerie formulées par la Caisse Primaire d'Assurance Maladie (CPAM).
La CPAM a pourtant exigé un renvoi des poursuites pour escroquerie, affirmant que la masseuse aurait signé des feuilles de soins pour des actes réalisés par d'autres. Ces allégations n'ont pas été retenues, d'où un appel en attente de la décision de la chambre de l'instruction de la Cour d'appel, ce qui empêche toute avancée dans le procès.
Une troisième "audience", pour rien
L'audience pourrait sembler banale, mais il s'agit en réalité de la troisième tentative pour juger ce dossier, comme le note Jean-Pierre Boucher, président du tribunal. "Cela fait donc trois fois que l'audience ne peut pas se tenir", explique-t-il, déplorant le manque d'attention des greffiers. En effet, ces derniers n'ont pas réussi à anticiper que le jugement dépendait d'une décision encore attendue.
Le président met également l'accent sur un vrai problème de sous-effectif au sein des services judiciaires, notamment dans celui de l'audiencement. "Nous manquons de greffiers, ils sont surchargés et leurs tâches restent inachevées", a-t-il commenté. Bien que le tribunal ait récemment accueilli un greffier supplémentaire, les effectifs ne dépassent pas 70, une situation jugée insuffisante.
Experts et acteurs du secteur s'alarment de ces dysfonctionnements, pointant les conséquences que cela peut avoir sur le bon fonctionnement de la justice en France. Comme le souligne une source judiciaire, "ces erreurs humaines peuvent causer des retards considérables dans le traitement des affaires", et nuisent ainsi à l'ensemble du système judiciaire.







