« Pas touche au 1er mai ! » C'est avec ce slogan fort que la manifestation a pris son envol, vendredi 1er mai, depuis le palais de justice de Périgueux. Dans cette ville de Dordogne, plus de 750 personnes, comprenant des salariés d’Ehpad, des enseignants, des cheminots, des retraités et des étudiants, ont répondu à l’appel de l’intersyndicale CGT, FSU et Unsa pour s'opposer à ce qu'ils appellent « la casse sociale » et à un projet de loi controversé visant à permettre aux artisans, comme les boulangers et fleuristes, de faire travailler leurs employés durant cette journée fériée.
« C’est d’autant plus symbolique qu’un membre du mouvement présidentiel propose d’éliminer ce jour chômé en cette année où Macron est en fin de mandat, » souligne Jérémy Destenave, co-secrétaire départemental du SNES-FSU. Pour lui et d'autres manifestants, la présence en masse est essentielle face aux attaques menées à divers niveaux.
Une jeune génération engagée
Cette mobilisation a également touché des générations plus jeunes. Vanessa, qui accompagnait son fils de 10 ans portant fièrement le drapeau CGT de son grand-père récemment décédé, a exprimé son émotion : « Je suis sûre que s'il était ici, il serait fier de nous voir défendre nos acquis. » Tout près, des membres de l'association Pause IA ont sensibilisé le public aux dangers croissants de l'intelligence artificielle sur le marché du travail. Clémence Peyrot, présidente de l'association, a alerté : « Aujourd'hui, 16 % des emplois en France peuvent être automatisés, et ce chiffre pourrait atteindre rapidement 25 % », accentuant ainsi les raisons de cette mobilisation.
Des récits de luttes diverses
Dans le cortège bergeracois, près de 400 personnes ont défilé, brandissant les bannières de la CGT, Unsa et FSU sous un soleil radieux. Une participante a expliqué : « C’est le 1er mai, et nous ne sommes pas sûrs d’avoir encore cette fête l’année prochaine, donc autant profiter de l’instant. » Les voix se sont également élevées pour évoquer les nouvelles réalités économiques, comme l'explique Pascale Slagmolen de l'Unsa Santé, faisant état des difficultés de l'hôpital public. Jean-Claude, un ancien métallurgiste, a dénoncé la flambée des coûts de la vie : « Nous sommes en train de voir émerger un phénomène de nouveaux pauvres, exacerbés par une telle situation. »







