À l'occasion des commémorations du 8 mai, Frontignan a organisé une balade patrimoniale inédite intitulée 'Frontignan sous les bombes'. Cette déambulation historique a conduit habitants et visiteurs à explorer le cœur du centre ancien, offrant une immersion dans la vie quotidienne des Frontignanais durant la Seconde Guerre mondiale.
Par une belle journée ensoleillée, 26 participants ont suivi pas à pas Florent Chalifour, médiateur culturel engagé par la Ville depuis quatre ans. Cette visite, proposée annuellement, coïncide avec le 8 mai, une date symbolique marquant la capitulation allemande de 1945 et la fin de la guerre en Europe.
Comprendre le conflit à l’échelle locale
Fruit d'une année de recherches minutieuses dans les archives municipales, cette promenade historique présente le conflit à une échelle locale. Encadré par des photos d’époque et des documents officiels, le guide partage des récits poignants. 'L'idée est de replacer l'histoire au niveau des hommes et des femmes', a souligné Chalifour. 'Les lieux ont évolué, certains bâtiments ont disparu. Nous devons imaginer ces rues durant la guerre et comprendre comment leurs habitants ont traversé cette période difficile.'
Au cours des cinq étapes du parcours, des anecdotes surgissent, revitalisant une mémoire parfois négligée. Au parvis de l’église, l'ancien immeuble qui abritait des réfugiés belges en 1940 est évoqué. Au total, près de 800 Belges, 91 Parisiens et plus de 300 Alsaciens ont trouvé refuge à Frontignan lors de l’exode du printemps 1940.
Des archives municipales
Plus loin, devant une épicerie désormais disparue, les participants découvrent des tickets de rationnement originaux conservés par les archives municipales. À cette époque, Frontignan faisait partie des 'départements affamés', en proie à des pénuries alimentaires sévères.
Caroline, 50 ans, nouvellement installée, témoigne : 'Nous avons commencé avec les visites lors des vacances scolaires et cela nous a beaucoup plu, alors nous avons continué. Je pense que nous avons presque tout fait maintenant. Le programme est varié et agréable. Et la gratuité est un vrai plus pour une famille de quatre.'
Cette visite ne se limite pas à un devoir de mémoire. Elle permet aussi aux habitants de redécouvrir leur ville sous un nouvel angle, à travers les histoires transmises au fil des générations et les traces discrètes laissées par la guerre dans le paysage urbain. Source : Midi Libre







