Dans un rapport publié le 19 mai, les députés Mathilde Hignet (LFI) et Michel Lauzzana (LREM) dénoncent une inaction préoccupante de l'État et des industriels face à la crise sanitaire causée par la contamination des laits infantiles par la céréulide. Leur étude met en lumière non seulement la lenteur des groupes tels que Nestlé à prendre des mesures, mais aussi les lacunes du système de contrôle alimentaire français.
Le rapport conclut que le dispositif de sécurité alimentaire n'était pas adapté pour détecter une telle contamination, soulevant des questions sur la responsabilité des industriels. En effet, Nestlé a tardé à réagir pour éviter un scandale médiatique, ayant constaté la contamination dès le 24 décembre 2024 sans alerter les autorités immédiatement. Les députés posent la question : « N’aurait-il pas été plus prudent de retirer d’emblée ces produits ? »
Des dysfonctionnements constatés
Selon les auteurs du rapport, les rappels tardifs, d’abord initiés par Nestlé puis suivis par ses concurrents tels que Danone et Lactalis, démontrent une gestion chaotique de la situation. Alors que la présence de céréulide est considérée comme potentiellement mortelle pour les nourrissons, la réaction du marché a été jugée insuffisante. « On voit bien qu’il y a eu un problème », déclare Hignet. Le premier rappel majeur concernait des millions de lots dans une soixantaine de pays en janvier 2025, mais l’alerte n’a été donnée qu’après plusieurs jours.
La direction générale de l'alimentation a exprimé ses doutes sur la manière dont les industriels appliquaient les règles de sécurité. Cela soulève des inquiétudes sur les procédures de contrôle et la gestion de la crise, le rapport citant des doutes quant à l’efficacité de la surveillance exercée par les autorités.
Un appel à l'action
Dans ce contexte, le rapport préconise des réformes significatives pour rehausser les normes de sécurité alimentaire. Il met en avant la nécessité de critiquer les critères de sélection des ingrédients, comme l'huile ARA, et d'accroître la rigueur des contrôles, en insistant sur un financement par les industriels eux-mêmes. Cela vise à assurer une transparence et une responsabilité accrues dans la production de laits infantiles.
La situation reste préoccupante, d'autant plus que plusieurs décès de nourrissons liés à cette affaire ont été signalés. Bien que des enquêtes aient été ouvertes, les impacts sanitaires restent incertains, laissant les familles inquiètes. Comme le souligne l’association Foodwatch, « ces événements mettent en avant une intention de minimiser l’information sur les risques » et nécessitent un examen rigoureux de la réaction des responsables industriels.
Alors que la crise du lait infantile progresse, le rapport invite les autorités à agir de manière proactive pour prévenir de futurs incidents. « Le fait que des cas de contamination demeurent silencieux est inacceptable », conclut la députée Hignet.







