Il serait difficile d'affirmer que les écoles de commerce se distinguent autant qu’il n’y paraît. Dans un contexte de compétition mondiale, elles semblent jouer toutes sur le même terrain. Mais ces institutions ont-elles encore une identité propre ?
Autrefois principalement désignées par l'acronyme « ESC » (école supérieure de commerce) suivi du nom de leur ville, nombre d'entre elles ont récemment changé pour le terme plus international de Business School, ou même pour School of Business pour les plus audacieuses. Mais le changement de nom n'est qu'une facette d'une réalité plus complexe. En effet, ces écoles affichent de nombreuses ressemblances.
Contrairement aux écoles d'ingénieurs, qui conservent souvent une spécialité marquée (comme les télécommunications ou les travaux publics), les écoles de commerce ont tendance à suivre les tendances du moment. Dans un passé récent, elles se sont positionnées comme des pionnières dans le digital, puis elles se sont engagées dans la transition écologique, et maintenant, elles s’affirment comme expertes en intelligence artificielle.
« Simplifier cette situation serait injuste ! Quelle école pourrait ignorer des enjeux aussi cruciaux ? », s'interroge Armelle Dujardin-Vorilhon, directrice des études et de l'expérience étudiante à l'Iéseg, présente à Lille et Paris. Mais comment alors se distinguer sans se reposer uniquement sur les classements ?
« Nous évoluons dans un écosystème fait de normes et de standards »
Tamym Abdessemed, directeur général d'Excelia à La Rochelle, fait un parallèle intéressant avec le patinage artistique. D'un côté, il y a les figures imposées. « Nous naviguons dans un univers gouverné par des normes et standards », souligne-t-il. Ces ressemblances doivent être perçues comme une assurance de qualité, non pas comme une critique : « Cela constitue un véritable plus par rapport aux établissements qui ne s'alignent que sur leurs propres critères », défend-il.
Ensuite, il y a les « figures libres », qui représentent une façon de se démarquer une fois que l’on fait partie du club. « Ces spécificités peuvent découler de l’histoire de l’école, de secteurs clés de son territoire, ou encore de son statut (établissement à but lucratif, d'intérêt général, etc.) », ajoute Tamym Abdessemed. Un exemple emblématique chez Excelia est la Blue Education Experience, qui intègre une approche unique du management lié à la transition écologique, spécifiquement en rapport avec l’eau.
En pôle sur un domaine
Certaines écoles ont clairement axé leur développement sur un domaine spécifique. Par exemple, Skema, qui est présente à Paris, Lille et Sophia Antipolis, a largement investi dans le secteur technologique et en intelligence artificielle, ce qui se traduit par denses cursus spécialisés et un véritable centre de recherche dédié.
D'autres, comme Emlyon ou EDC Paris, se concentrent sur l'entrepreneuriat, offrant des incubateurs bien structuré, un accompagnement sur mesure et un accès à un réseau d'experts et de financeurs, des atouts précieux pour les étudiants souhaitant développer leurs projets.
La différence peut également se marquer par des aspects plus subtils. Lorsqu’on demande à l'Iéseg ce qui la rend unique, la réponse évoque souvent « l’accompagnement ». Un terme agréable, mais qui pour être pertinent, nécessite de dépasser le simple discours. « La clé, c'est la présence humaine, avec un fort taux d'encadrement et une disponibilité constante », commence Armelle Dujardin-Vorilhon.
Cette personnalisation se manifeste, par exemple, par des « statuts » particuliers pour les étudiants ayant de fortes responsabilités (artistes, sportifs de haut niveau, réservistes, etc.), permettant ainsi une flexibilité dans leurs cursus. « Nous ne pouvons pas prétendre encourager l'engagement des étudiants tout en leur demandant de faire abstraction de leurs autres obligations », justifie-t-elle. Or, cela pose des défis logistiques considérables, même si moins perceptibles qu’un nouveau bâtiment flambant neuf pour l’IA. Chacune d'elles a ainsi trouvé sa signature.







