Les employés de Samsung Electronics ont jusqu'au 27 mai pour décider de leur avenir. Cet accord, le fruit d'intenses négociations, vise à éviter une grève de 18 jours comme l'indiquent des sources proches de l'entreprise. Pour certaines catégories d'employés, surtout ceux du secteur des semi-conducteurs, les primes annuelles pourraient atteindre des sommets de 300 000 euros.
Cette initiative s'inscrit dans le cadre d'un nouveau dispositif de primes s'étalant sur dix ans et visant spécifiquement la division des semi-conducteurs, essentielle pour répondre aux besoins énergétiques des centres de données alimentés par l'intelligence artificielle. Les bonus représenteront 10,5 % des bénéfices d'exploitation de cette division, en plus de 1,5 % versés en espèces.
Avec une prévision de bénéfice d'exploitation de 331 000 milliards de wons, environ 78 000 salariés pourraient bénéficier de ces primes, touchant en moyenne 509 millions de wons chacun, soit près de 290 000 euros. Toutefois, pour que cet accord entre en vigueur, il doit obtenir l'approbation de la majorité des votes enregistrés électroniquement.
Un contexte économique florissant
Le bénéfice d'exploitation de Samsung a explosé de 750 % ce trimestre, faisant franchir à l'entreprise la barre des 1 000 milliards de dollars de valeur boursière. Les experts estiment que ces salaires boostés sont cruciaux pour garder les meilleurs talents face à une concurrence acharnée, notamment à l’international.
Une telle richesse rehausse le statut de ces professionnels en Corée du Sud. À SK Hynix, le rival de Samsung, où les primes avaient déjà établi des standards, le port d'une veste de l'entreprise est devenu un symbole de réussite très prisé sur les réseaux sociaux. Selon l'agence matrimoniale Sunoo, ces employés se retrouvent désormais en haut de l'échelle sociale, rivalisant même avec les médecins et les avocats.
Tensions au sein de l'entreprise
Cette situation inédite a cependant créé des désaccords au sein de Samsung. Tandis que la division des puces célèbre ces nouvelles rémunérations, d'autres secteurs, comme le téléphonie et l'électronique, se retrouvent dans une situation difficile. Les résultats en déclin de ces divisions agaçent leurs employés.
Un syndicat minoritaire a déjà engagé des actions judiciaires pour contester la légitimité de ce vote, dénonçant une injustice flagrante dans la distribution des primes. La situation pourrait aussi s'étendre à d'autres filiales de Samsung, telles que Samsung Display et SDI, qui se montrent prêtes à répondre aux revendications croissantes des syndicats.
Au-delà de Samsung, ce cas influe sur d'autres secteurs où les syndicats s'organisent pour exiger également des primes élevées, allant de l'automobile à la biotechnologie. Ainsi, les revendications pour des compensations pertinentes deviennent un mouvement concret dans plusieurs industries, ancrant davantage l'idée que les profits doivent profiter à tous les travailleurs.







