Sur la route départementale 45, près des célèbres carrelets du port Maran à Arces-sur-Gironde, une équipe d'ouvriers du bâtiment se mobilise en ce jeudi 28 mai. Sous une chaleur intense, ils appliquent une isolation mêlant chaux et chanvre, au cœur de paisibles champs, devant une assemblée de curieux.
Jean-Pierre Duclos, maître d'œuvre de ce projet, défend cette approche qu'il présente comme une méthode à la fois innovante et durable. "Cette technique, qui remonte à plus de trois siècles, offre des performances thermiques inégalées tout en respectant l'écosystème", déclare-t-il. Ce chantier sert également de vitrine lors d'une matinée portes ouvertes, mettant en avant les avantages du chanvre.
Une approche en circuit court
Afin d’isoler sa propre maison - une structure de presque 150 m² qu'il surnomme "cabane" - Jean-Pierre Duclos utilise pas moins de 6 m³ de chanvre. En tant que chef d'entreprise et bénéficiaire de cette initiative, il souligne que cette plante diffère grandement du cannabis. "C'est un début prometteur, et nous verrons ce matériau être de plus en plus employé à l'avenir. C'est bien plus naturel que d'autres solutions", ajoute-t-il.
Ce projet bénéficie également du soutien d'une dizaine d'agriculteurs du secteur, spécialisée dans la culture du chanvre. Ludovic Benassy, agriculteur de Cozes et membre du collectif des Chanvriers des Estuaires, insiste sur la rapidité de croissance de cette plante : "Elle n’a besoin que de peu d’eau et possède des propriétés filtrantes idéales pour l'isolation", souligne-t-il.
"Le marché du chanvre industriel est en voie d’expansion, et nous anticipons davantage de chantiers similaires dans les mois à venir."
Émeline Poulain, l'architecte présente sur le chantier, ajoute que le chanvre possède une multitude d'avantages, notamment en matière de résistance thermique et hydrométrique. Selon elle, l'utilisation de ce matériau pourrait réduire considérablement les besoins énergétiques des bâtiments anciens, permettant même de se passer de chauffage ou de climatisation. Elle estime que l'investissement sera rentabilisé en cinq ans. "Il s'agit réellement de la technique de l'avenir."
Vers un marché en pleine expansion
Tandis que les invités observent l'application du chanvre, un des ouvriers présente son enthousiasme pour ce matériau, métamorphose de l'utilisation traditionnelle. Bien que la procédure génère une certaine poussière, l'adhérence du produit est quasi immédiate.
Jean-Pierre Duclos surveille la progression, tout en échangeant avec les visiteurs. "Le marché du chanvre industriel va vraiment émerger. Il faudra cependant attendre encore un an pour apercevoir les résultats au sein de ma propriété", conclut-il.







