Cela fait presque quatre mois depuis que la Garonne a subi une crue historique dans le Sud-Gironde. Les digues ont cédé, provoquant des inondations ravageuses dans des communes comme Barie, Bourdelles, et Cadillac. Des dizaines de sinistrés, confrontés à deux semaines sans électricité ni eau courante, sont toujours en attente de pouvoir retrouver une vie normale.
Chez Annie et Gérard, des meubles en bois détériorés par l'eau occupent toujours la terrasse. « Il reste encore beaucoup de choses à jeter », déclare le couple de retraités de Preignac. Ils avaient dû se réfugier au premier étage de leur maison pendant l'inondation, utilisant une échelle et une barque pour sortir.
Quatre mois après la catastrophe, leur maison, visiblement endommagée, n'a plus de porte. « Nous devons remplacer sept portes et deux fenêtres, et la peinture devra être refaite. Cela ne sera pas terminé avant septembre », explique Annie, qui pointe des murs encore humides derrière le papier peint. Des déshumidificateurs peinent à assécher l'intérieur.
La réalité des sinistrés : l’assurance et les défis quotidiens
« Il y avait un mètre 50 d'eau », se rappelle Annie, tandis que Gérard indique le niveau atteint par les inondations. Grâce à leur assurance, ils ont pu engager des travaux, mais d’autres voisins peinent à obtenir des indemnisations. Le maire de Preignac, Thomas Filiattre, fait état de nombreux sinistrés en attente. « Ça se dispute entre les experts et les assurances », déplore-t-il.
Certains habitants de la commune envisagent de quitter définitivement la région, découragés par les crues répétées. « Des familles qui avaient déjà subi les inondations de 2021 hésitent à revenir », confirme le maire.
Alors que les travaux commencent enfin pour certains, d'autres se trouvent sur le point de renoncer, marquant un tournant amer pour cette communauté touchée. L'espoir d'un retour à la normalité se heurte à une réalité complexe, entre démarches administratives, réparation de maisons, et choix de vie difficile. Alors que la Garonne continue d'imposer son caractère capricieux, la résilience des habitants reste mise à l'épreuve.







