Ce mardi 16 juin, environ 14.000 animateurs du périscolaire à Paris se rassemblent à nouveau pour exiger des recrutements massifs dans un secteur frappé par un "sous-effectif chronique". Ils dénoncent également un "climat de suspicion" qui s'est intensifié avec les récents scandales de violences sexuelles.
L’intersyndicale réunissant Unsa, Supap-FSU, CFDT, CGT, FO, UCP et CFTC rappelle qu'elle n'a reçu "aucune réponse concrète" des autorités, notamment lors de l’audience avec le nouveau maire PS, Emmanuel Grégoire, le 1er juin. Cette audience faisait suite à la grève du 19 mai qui avait déjà perturbé de nombreuses écoles.
Selon Alexandre Herzog, représentant de la CGT, "Emmanuel Grégoire cherche à gagner du temps" en renvoyant les décisions à la fin de la convention citoyenne sur la protection des enfants, dont les conclusions doivent être publiées en juin.
132 animateurs suspendus depuis janvier 2026
Le début de 2026 a vu la suspension de 132 animateurs, dont 52 pour des "suspicions de violences sexuelles ou sexistes", selon des déclarations récentes d'Emmanuel Grégoire. Cependant, les raisons de suspension des autres restent floues.
Les syndicats soulignent que "la majorité des agents suspendus ne sont pas remplacés", aggravant ainsi la crise de personnel. "Des collègues perdu dans un climat de défiance se trouvent exposés aux sanctions pour des comportements qui devraient bénéficier d'une formation plutôt que d'une punition immédiate", a ajouté Herzog.
Anne, du collectif SOS Périscolaire, a évoqué des "suspensions abusives" mais a insisté sur la nécessité de protéger les enfants, avec la règle controversée qu'un signalement entraîne systématiquement une suspension. Une idée soutenue par un rapport de l'Unicef qui souligne l'importance d'une meilleure gestion de cette crise.
Les syndicats appellent également à une grève pendant les temps d'interclasse pour renforcer leur voix lors de cette manifestation, alors que le conseil municipal Parisien s'ouvre en juin. Le climat actuel témoigne d'une inquiétude croissante face aux mesures en cours, mais aussi d'une communauté d’agents désireux de redorer leur image dans un secteur décisif pour l’éducation des enfants.







