Marie-Germaine Perigogne a mené un combat acharné durant quatre décennies pour retrouver une identité perdue et faire reconnaître le destin tragique des milliers d'enfants exilés de La Réunion entre 1962 et 1984. Le 16 juin 2026, le Sénat a voté à l'unanimité une loi de réparation qui marque une avancée significative pour ces victimes.
Marie-Germaine fait partie des 2 015 « enfants de la Creuse ». Comme beaucoup d'autres, elle a été déplacée de La Réunion vers la métropole dans le cadre d’une politique migratoire orchestrée par Michel Debré, alors député, visant à repeupler des régions rurales en difficulté démographique. "Lorsque je suis partie de l’Île de la Réunion, j’avais 3 ans et je n'ai aucun souvenir de ma naissance, juste des flashs d'un avion bondé, plein d'enfants de couleur", se rappelle-t-elle.
De la longue quête d’identité à la reconnaissance
Après son arrivée en France en 1966, Marie-Germaine a d'abord enduré des années de maltraitance dans une famille d'accueil, avant d'être placée chez les Lavaud, ses parents adoptifs. À l'âge de 16 ans, elle découvre avec désespoir qu'elle n'est pas leur fille biologique. "C’était un tsunami d’émotions : colère, haine, frustration. Apprendre cette vérité a été dévastateur", témoigne-t-elle. Elle a ensuite retrouvé ses frères et sœurs dispersés et a entamé un long chemin pour obtenir des réponses sur son passé, retrouvant finalement son père biologique et faisant rectifier son acte de naissance.
Cette expérience l’a poussée à mobiliser d'autres victimes et à fonder la Fédération des enfants déracinés des DROM (FEDD), un mouvement collectif pour la reconnaissance et l'indemnisation de cette tragédie. Ce 16 juin, cette lutte a porté ses fruits avec le vote d’une loi par le Sénat, qui reconnait les souffrances subies et prévoit des réparations financières et mémorielles. Selon Le Monde, ce vote représente une étape essentielle vers la réconciliation des blessures passées.







