Dans la nuit du mardi au mercredi, Carlo Ginzburg, l'un des éminents historiens italiens, a rejoint les étoiles à l'âge de 87 ans. Spécialiste reconnu de la microhistoire, Ginzburg a influencé la manière dont nous percevons les comportements et croyances des sociétés passées.
Sa fille, l'écrivaine et philosophe Lisa Ginzburg, a partagé sur la plateforme Instagram une émouvante photo d'eux deux, accompagnée d'un message touchant : « Ciao papà mio » (« Au revoir mon papa »).
Un travail sur la culture populaire pendant la Renaissance
Le maire de Bologne, Matteo Lepore, a salué Ginzburg comme l'une des figures les plus brillantes de la pensée critique italienne, soulignant l'impact de son œuvre sur la ville où il vivait, comme rapporté par l'agence Ansa.
Né le 15 avril 1939 à Turin, Carlo Ginzburg était le fils de la romancière Natalia Ginzburg et de l'antifasciste Leone Ginzburg. Ses écrits, comme « Le sabbat des sorcières », ont éclairé des aspects souvent négligés du passé, notamment les croyances populaires durant la Renaissance. Ce courant de pensée, appelé microhistoire, s'est développé en réaction aux approches quantitatives, telles que celles de l’École des Annales, qui n’accordaient que peu d’importance aux expériences vécues.
Passionné par la vie ordinaire des gens, Ginzburg a examiné des thèmes variés allant de la sorcellerie à la magie, posant un regard minutieux sur les détails qui façonnent nos récits historiques. Ses contributions à la compréhension des mentalités populaires font de lui une voix unique dans le paysage intellectuel européen.
S'étant également exprimé sur la méthodologie historique, il affirmait : « La façon d'arriver à un résultat compte autant que le résultat lui-même. On doit apprendre de ses erreurs ».
En 2012, il a été honoré par l'Université Michel de Montaigne de Bordeaux, un témoignage de son influence au-delà des frontières italiennes. L'héritage de Carlo Ginzburg continuera à marquer les historiens et les amateurs de culture populaire pour de nombreuses années à venir.







