DANS LES ARCHIVES – Le 18 juin 1954, une cérémonie s'est tenue dans les usines Dassault de Bordeaux-Mérignac pour remettre à l'Armée de l'air française le premier chasseur à réaction Mystère IV A, un modèle emblématique conçu dans le cadre du programme "off shore".
Sur une estrade décorée de pourpre, le Mystère IV A était exposé, entouré de techniciens et d'ouvriers de l'usine. Les présents ont écouté les allocutions de l’ingénieur général Mazère et du général Parker, qui ont célébré l’amitié franco-américaine, en adressant remerciements aux équipes de conception.

Marcel Dassault lui-même confirmait l'importance de cette étape historique pour l'aviation militaire française. Il rappelait également qu'en ce jour, la France commémorait l'appel du 18 juin du général de Gaulle depuis Londres.
Lorsque le Mystère fut descendu de son piédestal, le commandant Marias du CEV de Brétigny prit les commandes. Le décollage a eu lieu à 12h55, avec un vrombissement puissant qui annonçait le début de cette grande aventure.
Bientôt, l'avion s'éleva dans un ciel d'une pureté fascinante, atteignant 13 000 mètres d'altitude. À 13h14, le Mystère IV perça le mur du son, marquant une étape cruciale de l'aviation avec une double explosion audiblement remarquée par tous, une victoire ressentie aussi bien par les témoins au sol que par ceux qui œuvraient à sa conception.
Le mur du son est percé
Au sommet de sa trajectoire, le Mystère exécuta un piqué impressionnant, avant de se livrer à des passages à basse altitude avec une rapidité incroyable. Son passage entraînait des acrobaties spectaculaires qui ont émerveillé les spectateurs.

À 13h30, le Mystère IV a regagné le parking pendant qu'un déjeuner officiel se tenait en l'honneur de cet événement mémorable.
Les éloges des sénateurs américains, Bridges et Symington, résonnaient encore : "La construction aéronautique française vaut celle des USA", attestant de la qualité et du travail remarquable des équipes françaises engagées dans ce projet ambitieux.
Ce témoignage serait le meilleur hommage que l'on pouvait faire aux ingénieurs français ayant permis la mise en service du Mystère IV dans des délais si courts.







