« L'atteinte aux droits de la défense soulignée dans le projet de loi ne doit pas masquer l'évidence : notre système judiciaire est à bout de souffle », a déclaré le bâtonnier David LLamas lors d'une manifestation devant le palais de justice d'Agen, le 29 juin dernier.
Alors que la réforme doit être débattue à l'Assemblée nationale le 30 juin, la tension monte parmi les professionnels du droit. Rassemblés à l'appel de la Conférence des bâtonniers, des avocats du barreau d'Agen ont exprimé leur mécontentement face aux conséquences de cette réforme sur la justice, affirmant qu'elle nuit à l'équité et à l'accès à la justice pour tous.
« Une justice mal financée devient, par nature, défaillante et inéquitable », a rappelé un avocat participant à la mobilisation. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : la juridiction d'Agen a dû suspendre les audiences de baux ruraux pendant 18 mois en raison d'un juge non remplacé. En outre, l'annulation récente des audiences de tutelle à Marmande met en évidence une attente prolongée de plusieurs mois pour les audiences devant le juge aux affaires familiales.
La situation s'aggrave avec la maison d'arrêt d'Agen, où 252 détenus sont entassés dans des cellules conçues pour 143. En période de canicule, cette surpopulation entraîne des conditions de détention inhumaines, où jusqu'à 16 personnes partagent une cellule prévue pour six.
Les avocats et les magistrats réunis lancent un appel urgent : « Il est temps de sortir de cette impasse et de revaloriser notre service public de la justice, en lui offrant les ressources nécessaires pour fonctionner correctement », a expliqué un représentant de la profession. Ils réclament un état d'urgence pour la justice, affirmant qu'il en va de la crédibilité de notre pays en tant que champion des droits de l'homme.
La motion adoptée insiste sur le rejet du projet de loi en l'état et appelle à un sursaut collectif pour doter la justice des moyens matériels et humains indispensables à son bon fonctionnement.







