Formation, sensibilisation, et des valeurs renforcées dans les contrats des artistes, le festival Arte Flamenco, qui débute ce 30 juin 2026, s’engage activement contre les violences sexistes et sexuelles.
Un espace sécurisé où l’art ne tolère aucune violence, c’est la promesse du festival Arte Flamenco, dont la 37e édition commence ce mardi. Les organisateurs, guidés par une ambition claire, souhaitent que chaque participant se sente en sécurité. Des bénévoles sont présents pour aider toute éventuelle victime.
Cette réflexion a émergé suite à un incident de harcèlement sexiste survenu l’année dernière. « Nous avons été confrontés à un cas où un prestataire a harcelé une membre de notre équipe », explique Antoine Reipert, administrateur de l’EPA Arte Flamenco. Après avoir rectifié la situation avec l’employeur, il insiste sur l’importance de la vigilance. « Nous espérons avoir saisi tous les aspects de ce problème », ajoute-t-il.
Pour ne pas rester passifs, l’équipe d’Arte Flamenco a suivi une formation anti-VHSS (violences et harcèlement sexistes et sexuels) dispensée par l’association La Petite. Claire Lacomme, responsable du développement public, souligne : « Cette formation est cruciale pour reconnaître et affronter ces situations. »
Des horaires tardifs et une zone sécurisée
La nature festive entraîne des débordements possibles, rendant nécessaire une grande vigilance. Claire Lacomme note : « Les festivals peuvent être propices aux dérives, surtout avec le travail tardif et la promiscuité physique. »
Durant l’événement, l’équipe, qui passe de six à 90 membres avec les bénévoles, a été préventivement formée à cette problématique. « Nous souhaitons que chacun puisse intervenir s’il est témoin d’une situation inappropriée », précise Antoine Reipert.
Des protocoles ont été élaborés pour s'assurer que les actions répondent aux paroles. Un des protocoles rappelle la notion de consentement et propose une « safe zone », un endroit discret et calme pour accueillir les victimes.
Tous les artistes recevront un livret contenant les engagements du festival et des contacts d’urgence. Les participants seront informés par le biais d’affiches disséminées dans le festival.
L’affaire Patrick Bruel et ses implications
Cette année, les contrats des artistes incluent un nouvel article sur les valeurs. « Ce point stipule qu'il n’y a pas de place pour les violences sexistes dans notre festival », explique Reipert. Ce dernier avoue les dilemmes auxquels font face les organisateurs, notamment à la lumière de la controverse entourant des figures publiques comme Patrick Bruel, accusé de violations. « C’est un équilibre complexe entre la présomption d’innocence et la nécessité de protéger les victimes », conclut-il.







