Un véritable scandale secoue Epil House, une chaîne d'épilation au laser largement promue par des influenceurs. À ce jour, 126 plaintes ont été déposées à Paris, regroupant des témoignages de clientes aux expériences traumatisantes. Me Rebecca Lahoud-Heilbronner, l'avocate des plaignantes, a exprimé à l'AFP la « gravité de certaines blessures » dont certaines ont entraîné des séquelles durables, notamment dans des zones délicates.
Plusieurs clients ont également rapporté avoir vu leurs traitements interrompus après la fermeture soudaine de centres, malgré des forfaits payés à l'avance, comme le souligne Le Parisien.
Isabelle témoigne des cicatrices persistantes encore visibles sur ses avant-bras, malgré ses efforts pour les camoufler avec des tatouages. « J’ai l’impression d’être exposée comme une bête de foire », explique-t-elle. Lors de sa troisième séance à Paris, elle a constaté de graves manquements en matière d'hygiène : « Pas de désinfection, rien du tout. »
Aucune qualification
Elle raconte avoir vu le cadran du laser réglé au maximum. « Dès le début, j'ai ressenti des brûlures », dit-elle, rappelant que son médecin a évalué sa blessure comme une brûlure au second ou troisième degré. Ses plaintes à Epil House ont été ignorées. De plus, elle a été menacée par des employés : « Je sais où tu habites, on va te démonter ! ».
Jean-Baptiste Boisseau, porte-parole du collectif Aide aux victimes d’influenceurs (AVI), indique que ce problème semble « systémique », car d'autres établissements du même type pourraient avoir des pratiques similaires. François Turmel, président du Syndicat national des médecins esthétiques, se dit préoccupé par l'absence de qualification chez les techniciens : « Les personnes opérant ces lasers ne possèdent pas les compétences requises. »
Beaucoup de cash
« Nous avons alerté les autorités, mais il existe une directive européenne qui tolère ce manque de régulation », ajoute François Turmel. Les plaintes recensées par l'AVI incluent celles de 32 clientes ayant subi des brûlures. Isabelle admet avoir été séduite par la promotion d’Epil House par l’influenceur Aqababe, qui vantait la qualité des services. À son premier contact, on lui a immédiatement proposé une réduction pour les nouveaux clients parrainés par des influenceurs.
Dans sa plainte, Me Lahoud-Heilbronner souligne la nécessité d'examiner le rôle des influenceurs dans cette affaire. L'influenceuse Ruby Nikara, ayant collaboré avec Epil House, a déclaré à l’AFP ne jamais avoir imaginé les pratiques répréhensibles de cet établissement et regrettait sa naïveté initiale.
Savoir à qui demander des comptes
Tous les centres qu'Isabelle a fréquentés ont fermé leurs portes, laissant les plaignantes sans recours. Elle passe souvent devant l'un des anciens établissements à Argenteuil, où des lettres s'empilent non ouvertes derrière un rideau métallique. Ses multiples tentatives de contact sont restées sans réponse.
« Les plaignantes souhaitent connaître la responsabilité des personnes impliquées dans ces actes », conclut Me Lahoud-Heilbronner, évoquant la dynamique peu transparente de ces réseaux qui, une fois leur profit réalisé, disparaissent sans laisser de traces. Jean-Baptiste Boisseau qualifie cette situation de « construction mafieuse », où un grand nombre de victimes se retrouvent dans une zone d'ombre, espérant des comptes.







