Ce dimanche 18 juin, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Paris pour rendre hommage à El Hacen Diarra, un Mauritanien de 35 ans, décédé en garde à vue dans le commissariat du 20e arrondissement. Au pied de son foyer, à proximité du cimetière du Père-Lachaise, les participants ont observé une minute de silence en mémoire de cet homme dont la vie a pris fin tragiquement, alors qu'il était simplement venu chercher de meilleures conditions de vie en France.
« Il était venu chercher son pain en France, le voilà parti à jamais », a lamenté Ibrahima Diarra, son grand frère. El Hacen, connu pour sa personnalité calme et souriante, était un artiste originaire de Baydam, une commune proche de la frontière avec le Mali et le Sénégal. Un voisin, Ladi Sacko, a partagé ses souvenirs : « C'était un homme doux, qui adorait passer ses soirées à discuter autour d'un café avec les autres résidents du foyer. »
Une enquête pour élucider les faits
Suite à cet incident tragique, le parquet a ouvert une enquête pour « recherche des causes de la mort ». La famille de Diarra accuse les forces de police de violences ayant entraîné sa mort, soutenue par des vidéos et des témoignages. L’avocat de la famille, Maître Yassine Bouzrou, a d’ores et déjà déposé plainte pour « violences volontaires ayant entraîné la mort », mettant en avant des « preuves accablantes ». Dans une vidéo relayée, on observe un policier en train de frapper El Hacen alors qu'il est immobilisé au sol, avant l'arrivée d'autres agents.
« Nous ne laisserons pas cet acte injuste dans l'oubli », a dénoncé Assa Traoré, figure emblématique du mouvement contre les violences policières, rappelant les cris d’El Hacen : « Vous m’étranglez ». Ces événements résonnent profondément dans une France où les tensions entre la communauté immigrée et les forces de l'ordre sont régulièrement mises en lumière.
Des représentants de la gauche parisienne, dont Sophia Chikirou, candidate à la Mairie de Paris, étaient présents au rassemblement, déclarant que « ce combat dépasse un individu ; il s’agit de justice, d’égalité, de reconnaissance de la dignité humaine ».
Ce drame soulève une fois de plus la question des violences policières en France, un sujet qui ne cesse de cristalliser les inquiétudes de nombreux citoyens. Les appels à la justice fusent, avec l'espoir que cette tragédie ne tombe pas dans l'oubli et que des mesures adéquates soient prises pour éviter qu'elle ne se reproduise.







