La récente évacuation de la ville d'Alep par les combattants kurdes n'a pas suffi à mettre fin aux violences entre les forces de l'État syrien et les milices kurdes. Selon Le Monde, la situation continue de se détériorer dans le nord et l'est du pays.
Dans un décret publié vendredi, le président Ahmad al-Chareh a promulgué des réformes significatives pour la communauté kurde, déclarant la langue kurde comme langue nationale. Ce geste symbolique comprend également l'établissement du Nouvel An kurde, Norouz, comme jour férié officiel. De plus, le décret vise à restaurer la nationalité des Kurdes qui en avaient été privés lors d'un recensement controversé en 1962. Malheureusement, malgré ces avancées, les combats se poursuivent, illustrant l’ambivalence du régime en matière de réconciliation.
Alors que le président al-Chareh semble tendre la main, son armée intensifie ses offensives contre les forces de l’Administration autonome kurde. Les troupes gouvernementales ont pris le contrôle de plusieurs villes stratégiques, ainsi que du principal champ pétrolier du pays, se rapprochant de Raqqa, ancienne bastion de l’État islamique. Ce week-end, elles ont également investi la ville de Tabqa, où elles ont réussi à s’emparer du barrage sur l’Euphrate. Des sources au sein des Forces Démocratiques Syriennes (FDS) rapportent que plusieurs infrastructures ont été détruites lors de leur retraite.
Plus au sud, dans la province de Deir Ezzor, les FDS ont été contraintes de se retirer de plusieurs zones stratégiques, y compris des champs pétrolifères vitaux. Cette perte est d'autant plus préoccupante que Deir Ezzor génère environ 70 % du pétrole syrien, un atout économique crucial pour le régime, comme l'indique un expert en géopolitique, France Info.
Avertissements et désecalade
Washington et Paris ont exprimé leurs préoccupations concernant le risque d'une ethnicisation accrue des tensions. Des avions de la coalition internationale ont été repérés au-dessus des zones de conflit, envoyant un message clair aux deux camps. Les experts des relations internationales soulignent que cette escalade pourrait mener à une crise humanitaire catastrophique.
Dans ce contexte complexe, il est évident que les réformes internes du régime syrien vont de pair avec une stratégie militaire agressive. À l'avenir, le président al-Chareh est susceptible d'exiger le départ des FDS de régions clés, affirmant ainsi la domination du régime sur l'ensemble du territoire syrien. Les résultats de cette dynamique ne seront visibles que dans le temps, mais les implications géopolitiques sont déjà évidentes, invitant à une analyse approfondie de la conjoncture actuelle.







