Reza Pahlavi, fils du dernier chah d'Iran, émerge comme une figure clé de l'opposition, notamment au cœur des récentes manifestations à travers le pays. En janvier 2025, il s'est exprimé, promettant un avenir libéré de la République islamique : "Très bientôt, nous reprendrons notre Iran bien-aimé". Mais qu'en pensent réellement les Iraniens ?
Né à Téhéran, Pahlavi a 18 ans lors de la Révolution islamique de 1979. Exilé aux États-Unis depuis, il se positionne comme la solution au régime actuel. Cependant, son héritage familial reste pesant. Critiqué pour avoir ignoré les injustices passées de la monarchie, son appel au retour ne fait pas l'unanimité. "C'est une question d'imposer la loi martiale," avait un jour affirmé son père, Mohammad Reza Pahlavi, un souvenir douloureux pour de nombreux Iraniens.
Un soutien façonné par les réseaux sociaux
Ayant su profiter des plateformes numériques, Pahlavi est souvent présenté comme un symbole de résistance. Mais comme le souligne Jonathan Piron, historien du Moyen-Orient, "La popularité de Pahlavi sur les réseaux est à nuancer. Une partie provient de la diaspora pro-monarchique, souvent soutenue par des acteurs étrangers". En effet, une enquête de Haaretz révèle des campagnes de manipulation orchestrées pour gonfler sa visibilité.
Sa proximité avec le gouvernement israélien, illustrée par une récente invitation par Benjamin Netanyahu, ne fait qu'accentuer le scepticisme. Pahlavi a même minimisé les frappes israéliennes en 2025, disant : "Le but était de neutraliser le régime, pas d'attaquer les civils", une déclaration qui aggrave ses relations avec une large frange de la population iranienne.
Un leader controversé pour une nation plurielle
La dynamique au sein des manifestations irakiennes révèle un rejet de la monarchie. "Ni monarques ni guides, nous voulons l'égalité et la liberté", affirment les manifestants. Irène Ansari, coordinatrice de la Ligue des femmes iraniennes pour la démocratie, précise que l'Iran est composé de multiples ethnies, chacune désirant éviter un retour vers l'ancien régime, qu’il soit monarchique ou théocratique.
Bien que Reza Pahlavi se présente comme un potentiel homme de transition, ses réelles intentions restent floues. Sa capacité à unifier les Iraniens autour de sa vision semble compromise, tant il est perçu comme un personnage clivant, notamment par les jeunes qui aspirent à un changement radical et à une plus grande inclusivité.







