Deux nourrissons en France ont tragiquement perdu la vie après avoir consommé du lait infantile suspecté de contamination bactérienne, entraînant l'ouverture d'enquêtes judiciaires. Les groupes Nestlé et Lactalis sont impliqués dans cette affaire, ayant retiré du marché des lots contenant potentiellement des traces de céréulide, une toxine dangereuse d'origine bactérienne.
Le 5 janvier, Nestlé a lancé un envie de retrait massif des laits infantiles de ses marques Guigoz et Nidal dans environ soixante pays, suivi le 21 janvier par Lactalis qui a rappelé plusieurs lots de lait Picot. Les deux entreprises ont rapporté avoir détecté la toxine dans leurs produits. Selon la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, tous les lots concernés ont été retirés des rayons.
En réponse à ces tragiques événements, des investigations ont été initiées à Bordeaux et Angers. À Bordeaux, un bébé né le 25 décembre est mort le 8 janvier, après avoir été nourri avec du lait Guigoz. Bien que les premières analyses n'aient pas détecté la bactérie, des examens complémentaires sont en cours pour rechercher la toxine. À Angers, une autre petite victime, âgée de 27 jours, est décédée le 23 décembre, avec des éléments suggérant une connexion avec les lots rappelés. Pourtant, jusqu'à présent, aucune preuve formelle n'établit un lien direct entre la consommation de ces laits et les décès.
Les centres antipoison signalent une vague d'appels de parents inquiets développant des symptômes pouvant être liés aux laits concernés. En dépit de ces préoccupations, les ministères de la Santé et de l'Agriculture insistent sur le fait qu'aucun lien de causalité significatif n'a été confirmé jusqu'à présent.
Les parents sont appelés à vérifier la présence de leurs produits dans la liste des lots rappelés sur le site de RappelConso. En cas de symptômes chez leurs enfants, il est fortement conseillé de consulter un médecin.
Aperçu de la céréulide, toxine néfaste
La toxicité liée à la céréulide entraîne souvent des vomissements dans les quelques heures suivant l'ingestion, accompagnés de diarrhées. Cette toxine se développe dans certaines conditions spécifiques et il n'existe aucune réglementation stricte concernant sa présence dans les aliments en France.
Les investigations laissent également envisager qu'une huile riche en acide arachidonique, utilisée dans la formulation des laits et fournie par un fournisseur chinois, pourrait être à l'origine de la contamination. Emporté par cette crise, le secteur alimentaire fait face à un appel à la vigilance accrue face à la sécurité des produits destinés aux nourrissons.
Les doutes et critiques abondent concernant le traitement de cette crise, l'ONG Foodwatch prévoyant de porter plainte pour obtenir des éclaircissements. Les questions de transparence de la part de Nestlé sont mises en avant, alors que des signaux d'alerte sur la céréulide avaient été observés dès décembre, suscitant une colère populaire et une forte demande de mesures préventives immédiates.







