Les États-Unis et l'Iran pourraient se rencontrer en Turquie le 6 février pour discuter de la question nucléaire ainsi que de la levée éventuelle des sanctions. Cette reconnaissance vise à apaiser les tensions exacerbées depuis les menaces répétées de Donald Trump concernant une possible intervention militaire.
Les autorités iraniennes ont annoncé être prêtes à entamer des pourparlers avec Washington. L’agence de presse Fars a rapporté que le président iranien Massoud Pezeshkian avait ordonné l'ouverture des discussions. Un médiateur arabe a précisé à l'AFP que ces négociations, soutenues par plusieurs pays de la région, devraient avoir lieu dans la ville turque.
Selon le site Axios, les États-Unis seront représentés par Steve Witkoff, tandis que l'Iran sera présent par son ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi. L'agence iranienne Tasnim a également confirmé la vraisemblance de la participation de ces deux personnalités.
La pression s’accentue sur Téhéran
Malgré des semaines de tensions, la pression sur Téhéran a crû depuis le début de l'année, amplifiée par l'écho d'une répression sanglante des manifestations récentes. Trump a exprimé son espoir de concrétiser un accord avec l'Iran, ajoutant une dimension diplomatique à sa rhétorique guerrière. Ismaïl Baghaï, porte-parole de la diplomatie iranienne, a indiqué que des médiateurs de plusieurs pays, dont l’Égypte et la Turquie, ont facilité l’échange de messages entre les deux nations, qui n'ont pas eu de relations diplomatiques depuis une quarantaine d'années.
Les discussions s’efforceront d’établir un cadre sur la méthode de résolution des questions en suspens, les puissances occidentales accusant l’Iran de viser une capacité d’armement nucléaire, accusation que Téhéran dément vigoureusement. Il est à noter qu’une première rencontre en 2025 avait échoué principalement à cause de désaccords sur l’enrichissement d'uranium.
L’arme nucléaire et un accord avec les États-Unis
Les États-Unis exigent le renoncement total de l'Iran à ses ambitions nucléaires, tandis que Téhéran défend son droit au nucléaire civil, tel qu'interprété par le Traité de non-prolifération (TNP). Lors d’une interview avec CNN, Abbas Araghchi a souligné : « Nous sommes ouverts à un accord, mais en contrepartie, la levée des sanctions est primordiale. »
Un précédent accord signé en 2015, qui avait limité les activités nucléaires iraniennes, a été mis à mal par la décision de Trump de retirer les États-Unis en 2018.
Toutefois, la situation en Iran demeure critique. Ali Hamidi, un retraité de Téhéran, a exprimé son désarroi face aux tensions actuelles, plaidant pour que les États-Unis se préoccupent de leurs affaires internes, tout en critiquant le gouvernement iranien pour son incapacité à répondre aux besoins fondamentaux de la population.
La répression se poursuit en Iran
Alors que les discussions diplomatiques s'intensifient, la répression continue de croître en Iran. Quatre ressortissants étrangers ont été récemment arrêtés pour leur implication dans les manifestations, et des organisations des droits de l'homme rapportent un bilan tragique de plus de 42 000 arrestations et 6 854 décès. Un chiffre qui pourrait être bien plus élevé, selon des sources qui examinent encore des cas non confirmés.
Masha, une Iranienne exilée en Turquie, a expliqué que sa famille à Téhéran vit dans la peur : « Ils ont peur de s'exprimer, même au téléphone. Les nouvelles avertissent que se prononcer pourrait leur coûter cher. »
Les autorités iraniennes, bien que reconnaissant un nombre élevé de morts, attribuent la majorité de ces décès à des forces de sécurité ou des civils pris dans des attaques « terroristes », laissant entendre que ces actes seraient orchestrés par des puissances étrangères, notamment les États-Unis et Israël.







