Face à l’augmentation de près de 20 % des tarifs des complémentaires santé en cinq ans, la mairie de Chevilly-Larue, dans le Val-de-Marne, met sur la table une mutuelle communale pour faciliter l'accès aux soins. Bien que l'idée semble attrayante, elle soulève des interrogations de la part de certains habitants.
Dans les rues de Chevilly-Larue, Danielle, 68 ans, se réjouit de sa mutuelle communale qu'elle a intégrée il y a deux ans. "J'ai récemment eu une IRM cardiaque avec des dépassements d’honoraires, et je ne pensais pas être remboursée aussi bien par la mutuelle", confie-t-elle. Convaincue de son efficacité, elle encourage tout le monde à rejoindre ce système, affirmant : "C’est moins cher que mon ancienne mutuelle, et je suis mieux couvert".
Faciliter l'accès aux soins
Stéphanie Daumin, maire de la ville depuis 2014, a lancé cette initiative avec pour objectif de rendre les soins accessibles, surtout après la crise sanitaire de la Covid. Elle souligne que de nombreux habitants éprouvent des difficultés croissantes à faire face à leurs frais médicaux, ce qui a entraîné un renoncement aux soins, en particulier chez les seniors et les familles monoparentales.
La municipalité a négocié avec plusieurs mutuelles, et a retenu la Mutuelle Familiale, qui promet des tarifs 25 à 30 % inférieurs à ceux des complémentaires privées classiques. À ce jour, 800 Chevillais ont déjà adhéré, un signe d'un certain engouement selon Stéphanie Daumin.
Une offre encore trop chère selon certains
Malgré cet engouement, des voix discordantes s'élèvent. Julien, un sexagénaire à la retraite, déplore que les tarifs de l'assurance aient augmenté de 13 euros cette année. Frustré, il envisage de résilier : "J’aurais mieux fait de garder l’argent de côté pour le jour où j’en aurai besoin".
Yacine Lajidici, candidat sans étiquette, plaide pour une renégociation des tarifs et l'exploration d'autres options. "Il faut rediscuter avec cette mutuelle et envisager des alternatives pour faire baisser les coûts", affirme-t-il.
Cibler les plus précaires
Un autre enjeu est la communication sur l’existence de cette mutuelle. Drucile, au chômage et avec un budget serré, n'était pas au courant de cette offre : "C’est toujours bien de pouvoir comparer". La municipalité, bien que confiante dans sa stratégie de communication, reconnaît qu'il reste des efforts à fournir.
Rachel Keke, candidate de La France insoumise, dénonce un manque d’informations pour les plus précaires. Selon elle, de nombreux Chevillais sans mutuelle ne savent même pas que ce dispositif existe. Elle propose des opérations de porte-à-porte pour toucher les familles dans les quartiers populaires.
Manque de médecins
Pourtant, Rachel Keke insiste sur un problème majeur qui persiste : le manque de médecins dans la ville. Elle elle-même doit se rendre à Paris pour ses consultations médicales. Aïcha, mère de famille, confirme : "C'est un véritable désert médical. Mon médecin est à L'Haÿ-les-Roses, et c’est très compliqué de se faire soigner".
La maire, Stéphanie Daumin, admet que si une mutuelle efficace peut contribuer à faciliter l'accès aux soins, elle ne résout pas tous les problèmes.
"Des solutions doivent être trouvées pour remédier à ces barrières", conclut-elle.
Parmi les candidats pour la mairie figure également M. Maruan Basic, représentant Les Républicains, qu'il n'a pas pu joindre pour ses commentaires.







