Le dernier baromètre de la Fédération hospitalière de France (FHF) et d’Ipsos-BVA, publié le 17 mars, révèle une dégradation alarmante de l'accès aux soins en France. En effet, 73 % des Français, et 76 % des habitants d’Occitanie, ont déclaré avoir renoncé à au moins un soin ces cinq dernières années, une augmentation de 10 points par rapport à 2024, soit près de 7 millions de personnes supplémentaires touchées.
Cette situation s'explique notamment par l’allongement des délais d’attente. Actuellement, il faut près de deux semaines pour obtenir un rendez-vous chez un généraliste, alors qu'il ne fallait que quatre jours en 2019. Les soins spécialisés posent un problème encore plus grand : quatre mois d’attente pour voir un dermatologue, trois mois pour un cardiologue (délais passés de un mois et demi auparavant), et jusqu'à 22 semaines pour un dermatologiste en région Occitanie.
Des délais trop importants
La FHF met en lumière que 59 % des Français renoncent aux soins pour des raisons liées aux délais d’obtention de rendez-vous. En Occitanie, ce chiffre grimpe à 62 %. De plus, 40 % des personnes renonçant le font aussi pour des raisons financières, ce qui complique encore davantage l'accès aux soins.
Les jeunes sont particulièrement touchés par ce phénomène, avec un taux de renoncement atteignant 85 % chez les moins de 35 ans. Paradoxalement, 57 % de cette tranche d'âge a dû se rendre aux urgences pour des motifs qui n’étaient pas d’urgence médicale, soulignant ainsi un recours inapproprié aux services d'urgences faute d'alternatives.
Fragilité de l’hôpital public
La FHF souligne que cette crise de l’accès aux soins pèse sur l’hôpital public, souvent perçu comme le dernier recours. Bien qu'il ait connu une augmentation de 4,3 % des séjours en 2024, la situation économique reste précaire, avec un déficit cumulé atteignant encore 2,7 milliards d’euros attendu pour 2025. Ce chiffre, bien qu'en légère amélioration par rapport aux 2,9 milliards de 2024, reste très préoccupant.
La fédération appelle le gouvernement à agir rapidement, en proposant des réformes structurelles et une loi de programmation pour la santé, pour éviter un effondrement de ce pilier de notre système de santé.







