Ce jeudi, de nombreux enfants du Poitou seront privés d'école, le personnel éducatif ayant décidé d'un rassemblement à 12 h 30 devant le rectorat de Poitiers. L’intersyndicale de l'éducation nationale, comprenant des syndicats tels que la CGT et la FSU, s'oppose fermement aux suppressions de postes et aux fermetures de classes, une situation alarmante qui touche la région.
Selon la FSU-SNUipp 86, le rectorat de Poitiers prévoit 37 suppressions de classes contre seulement huit ouvertures, ce qui ne correspond pas aux besoins croissants du quartier des Couronneries. L'école Charles Perrault, située dans un secteur classé en éducation prioritaire, est déjà saturée avec plus de 400 élèves.
Les parents d'élèves expriment leurs inquiétudes concernant l'avenir de leurs enfants. Samira, mère de deux filles scolarisées à Charles Perrault, confie : "Bien sûr, on a des inquiétudes pour les enfants, c'est sûr. Peut-être qu'ils vont déplacer nos enfants vers le centre-ville." Une autre maman témoigne d'une expérience passée douloureuse : "L'année dernière, la décision de l'administration d'envoyer certains élèves ailleurs a causé beaucoup de déchirement au sein des familles."
Un climat scolaire de plus en plus tendu
Amélie Romat, élue des parents d'élèves, partage la préoccupation générale : "Nous avons toujours eu des classes chargées, mais le climat scolaire est devenu très tendu, surtout depuis que des locaux ont été attribués au conservatoire." Avec la fermeture d'une classe de maternelle à peine après son ouverture, les enseignants se sentent accablés par la gestion d'un nombre en constante augmentation d'élèves.
Matthieu Meunaut, co-secrétaire du syndicat FSU SNUipp, alerte sur la nécessité d'une réponse rapide : "L'année prochaine, plus de 40 élèves supplémentaires sont attendus dans le quartier. Nous avons besoin de classes supplémentaires pour éviter une aggravation de la situation." Malheureusement, l'administration semble rester sourde à ces appels à l'aide, le DSDEN n'anticipant pas de mesures pour le moment.
Une réponse de la DSDEN indique qu'elle est consciente des besoins croissants dans ces écoles, mais qu'elle doit agir en fonction des priorités nationales. Cependant, Meunaut souligne que « ces quartiers défavorisés sont souvent les derniers à être considérés », ce qui est inacceptable face à l'accroissement des effectifs.
La DSDEN a promis de tenir compte des évolutions des effectifs dans chaque école et de proposer de nouvelles évolutions de la carte scolaire lors du prochain CSA. Mais les parents et enseignants espèrent des actions concrètes bien plus tôt afin de préserver l'éducation de leurs enfants.







