Mercredi dernier, le gouvernement britannique a décidé d’endurcir les règles concernant les financements des partis politiques. Parmi ces nouvelles mesures, figure la suspension des dons en cryptomonnaies, une initiative présentée comme une réponse à des ingérences étrangères dans le processus électoral. Le Premier ministre Keir Starmer a évoqué la nécessité de ces restrictions à la lumière des résultats d'une enquête indépendante, signalant "les menaces sérieuses liées aux financements illégaux".
"Nous nous engageons à protéger notre démocratie. Cela passera par un moratoire sur tous les dons politiques en cryptomonnaies," a-t-il affirmé.
Suite à cette annonce, certains membres de Reform UK ont quitté l'hémicycle. La formation avait récemment révélé qu'elle avait commencé à recevoir des dons en cryptomonnaies en 2025. Le gouvernement a également projeté de limiter à 100.000 livres (115.000 euros) les dons émanant de citoyens britanniques vivant à l'étranger mais inscrits sur les listes électorales, conformément aux recommandations de l’enquête.
Un financement controversé en cryptomonnaies pour Reform UK
Cette restriction pourrait impacter considérablement Reform UK, qui truste les sondages depuis plus d'un an. Selon des données de la Commission électorale, le parti a reçu un don de trois millions de livres (3,4 millions d'euros) en fin d'année dernière de l'entrepreneur aéronautique et investisseur en cryptomonnaies, Christopher Harborne, basé en Thaïlande. Notons qu’il avait déjà contribué à hauteur de neuf millions de livres (10,3 millions d'euros) en août 2025. Ces dons avaient été effectués en liquide, une méthode qui soulève de nombreuses questions.
En réponse à une forte attente de transparence, la Commission électorale a indiqué qu'aucun parti n’avait encore déclaré de dons en cryptomonnaies au Royaume-Uni. Elle ne scrute pas non plus les dons inférieurs à 500 livres, exemptés de déclaration.
Une enquête indépendante avait été commandée après que des parlementaires et des services de sécurité aient mis en garde contre des influences potentiellement néfastes de pays comme la Russie, la Chine et l'Iran sur la politique britannique. Par ailleurs, en novembre dernier, un ancien membre de Reform, Nathan Gill, a été condamné à 19 ans de prison pour avoir accepté 40.000 livres (46.000 euros) pour promouvoir des intérêts russes au Parlement européen. Les prochaines élections générales au Royaume-Uni sont prévues pour 2029, tandis que les élections locales se tiendront le 7 mai.







