Le procès s’est clôturé ce mercredi par les plaidoiries de la défense de François Thierry, un policier sous le feu des projecteurs pour complicité dans un trafic de drogues orchestré par son indic. Ses avocats réclament la relaxe, pointant des erreurs systémiques dans la procédure.
Les réquisitions du parquet de Bordeaux n’ont visiblement pas ébranlé l’avocat Me Francis Szpiner, qui, ayant été emporté par les thèmes de relaxe prononcés par le ministère public, se serait même assoupi sur son banc (source : Sud Ouest). À l’issue des plaidoiries, il a succinctement corroboré la position de défense, sans ajouter de nouveaux éléments significatifs.
Des accusations infamantes pour un homme de bien
« Je suis en colère car un homme qui a consacré toute sa vie à la lutte contre le trafic comparait devant vous sous l’accusation la plus infamante », s’exclame l’avocat Szpiner. Ce procès a été amorcé par une saisie majeure effectuée par les douanes le 17 octobre 2015, une opération qui devait repérer les commanditaires d’une livraison surveillée. Cependant, à l’origine de cette affaire, des doutes sur la compétence du dispositif. Comme l’explique le procureur, une défaillance de surveillance sur la cargaison a permis à l’indic Sofiane Hambli d’écouler la marchandise.
« Personne ne semble avoir osé dire stop », affirme l’avocate Me Angélique Peretti, soulignant une erreur collective d'évaluation. Le procès a révélé des failles notables au sein de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS). D’après les avocats, ces erreurs ne sauraient constituer une intention criminelle. « Cette stratégie, instaurée depuis cinq ans, a toujours été applaudie tant qu’elle portait ses fruits », ajoute-t-elle.
Une analyse des faits marquante
Le tribunal doit prendre en compte deux interprétations opposées. D'un côté, la défense et le parquet admettent une certaine responsabilité de Thierry dans le naufrage de l'opération, mais attribuent cette responsabilité à des choix opérationnels et la duplicité de son informateur. De l’autre, les juges d'instruction semblent voir dans son inaction une volonté délibérée de favoriser le trafic.
Ce procès a pris une dimension singulière avec la présence de 16 autres co-prévenus jugés simultanément. L'absence de Hambli – incarcéré au Maroc – a accentué la tension au sein de la cour, ventant les faits reprochés à Thierry sous l'éclat des voix d'une affaire brûlante. Les plaidoiries de la défense soulignent l’absence d’enrichissement personnel pour justifier l’innocence du policier.
Finalement, le tribunal devra rendre sa décision le 31 mars, un verdict qui pourrait redessiner les contours de la justice face aux enjeux complexes du trafic de stupéfiants.







