Que votre choix de temps partiel soit subi ou délibéré, il peut avoir des répercussions sur votre future pension. Cependant, des solutions existent pour atténuer ces effets, surtout en fin de carrière.
Valider ses trimestres à temps partiel, c’est possible
Gardez à l'esprit : au régime général, le nombre de trimestres validés dépend du salaire brut et non de la durée d'activité. À partir de 2024, un salarié du secteur privé valide un trimestre en touchant au minimum 1 747,50 € brut. En obtenant au moins quatre fois cette somme dans l'année, ce qui fait un total de 6 990 € brut par an, il peut atteindre le quota maximal de quatre trimestres annuels. Contrairement à certaines idées reçues, travailler à temps partiel ne limite donc pas vos possibilités de validation de trimestres.
Attention toutefois aux autres régimes, comme ceux de la fonction publique, où une activité réduite peut avoir un impact sur la durée d'assurance. À noter : le régime général permet également de valider des trimestres durant certaines périodes non travaillées comme les arrêts maladie, la maternité ou même le chômage.
Statistiques sur le travail à temps partiel
Selon l'Insee, 4,1 millions de salariés étaient en temps partiel en 2022, dont 78,7 % étaient des femmes. De plus, 24,9 % des personnes de 55 ans et plus étaient dans cette situation en 2023 (Dares, avril 2024).
L'impact du temps partiel sur le calcul de la retraite
Si le nombre de trimestres validés n'est pas nécessairement affecté par une carrière à temps partiel, cela a des conséquences sur le calcul de votre future pension. Au régime général, celle-ci est basée sur la moyenne des 25 meilleures années de salaire, avec une limite de 3 864 € brut par mois en 2024 pour le calcul. Être majoritairement en temps partiel tirera donc cette moyenne vers le bas, mais vos années complètes pourraient compenser cela si vous avez effectué davantage d'années à temps plein.
En effet, pour la retraite complémentaire Agirc-Arrco, qui fonctionne différemment, travailler à temps partiel peut être plus pénalisant, car votre salaire réduit entraîne une accumulation moins importante de points.
À noter : certaines périodes d'absence peuvent également permettre d'acquérir des points de retraite complémentaire.
Les possibilités d’aménagement de la fin de carrière
Des aménagements de fin de carrière existent dans certaines grandes entreprises, permettant aux salariés seniors de réduire leur temps de travail en gardant une partie de leur salaire et en continuant à cotiser sur la base d’un temps plein, ce qui préserve leurs droits à la retraite.
Si vous n'êtes pas dans ce cas, vous avez toujours la possibilité de demander à votre employeur de surcotiser pour votre retraite, bien que cela puisse diminuer vos revenus nets.
Retraite progressive et travail à temps partiel
La retraite progressive, encore peu répandue, permet de percevoir une partie de sa pension en travaillant à temps partiel, à condition d’avoir validé au moins 150 trimestres. Ce dispositif, élargi lors de la dernière réforme des retraites, nécessite l'accord de l'employeur, qui doit justifier un éventuel refus.
Avec la retraite progressive, vous continuez de cotiser tout en recevant un complément de revenu. En effet, si vous êtes à temps partiel à 80 %, vous toucherez 20 % de votre retraite provisoire, ce qui peut atténuer la baisse de revenus.
Simulation en ligne pour évaluer l'impact du temps partiel sur votre retraite
Pour ceux de plus de 55 ans envisageant de réduire leur temps de travail, des outils de simulation en ligne sont disponibles sur le site lassuranceretraite.fr. Ces simulateurs permettent d'évaluer l'impact de cette décision sur votre future pension en prenant en compte différentes scénarios de salaire.
Notre expert
Avec Philippe Bainville, spécialiste retraite à la Caisse nationale d'assurance retraite.







