Avec l’arrivée du printemps, les jardiniers se pressent dans les pépinières pour dénicher graines et plants. Parmi les options, les légumes greffés intriguent, mais sont-ils réellement une bonne affaire ? Voici ce qu’il faut savoir.
Quels légumes peuvent être greffés ?
Le greffage n’est pas réservé uniquement aux vignes ou arbres fruitiers ; il s’applique aussi à divers légumes. Les variétés comme les aubergines, concombres, courgettes, melons, pastèques, poivrons et tomates (Lycopersicon esculentum) peuvent bénéficier de cette technique.
Bien qu’il ne s’agisse pas de manipulation génétique, le greffage demande un savoir-faire. Pour chaque plant greffé, il faut semer deux variétés—une pour le porte-greffe et une pour le greffon. Ce processus complexe justifie des prix allant de 3 à 5 € par plant.
En général, le greffage est effectué en avril, utilisant un porte-greffe résistant. Une fois la greffe réussie, un bourrelet de cicatrisation se forme, que l'on doit veiller à ne pas enterrer lors de la plantation, sous peine de voir des tiges non désirées émerger.
Les avantages des plants de légumes greffés
Les plants greffés, tout comme leurs homologues non greffés, peuvent être plantés à la même période, que ce soit sous abri ou en pleine terre.
Ces variétés tirent parti des caractéristiques du porte-greffe, offrant une résistance accrue aux maladies du sol, aux ravageurs et aux conditions climatiques difficiles. De plus, leur précocité et leurs rendements élevés séduisent de nombreux jardiniers, surtout après une saison marquée par des problèmes comme le mildiou.
Les inconvénients des plants de tomates greffés
Malgré leurs atouts, ces plants rencontrent aussi des critiques. Le principal frein reste le prix, souvent supérieur à 5 €, alors qu’un plant classique bio coûte entre 0,5 € et 1,5 €. Vous pouvez donc envisager d’acheter un ou deux plants greffés pour comparer avec vos variétés habituelles.
De plus, leur croissance vigoureuse n’est pas toujours idéale pour les petits jardins. Pour contrôler leur développement, un espacement adéquat est essentiel, ainsi qu’une taille pour ne conserver que deux tiges principales, favorisant ainsi la fructification.
Quant à la qualité gustative, un débat persiste. Olivier Puech, jardinier et auteur, souligne dans son ouvrage Les 10 clés d'abondance au potager d'Olivier* que les tomates greffées peuvent souvent manquer de la richesse des variétés anciennes. La préférence pour la productivité ou le goût est une question personnelle, les avis divergent, incitant chacun à expérimenter par soi-même.
* Éditions Terre vivante – 192 pages – 28 septembre 2021 – 21 €







