L'intelligence artificielle, la robotique et la souveraineté numérique face aux géants technologiques mondiaux seront au cœur de la 10e édition de VivaTech. Cet événement, considéré comme le plus grand salon européen du secteur, s'ouvre à Paris mercredi prochain.
Un anniversaire en grande pompe
Cette véritable « exposition universelle de l'innovation » s'apprête à recevoir, du 17 au 20 juin à la Porte de Versailles, près de 15 000 start-up et 4 000 investisseurs issus des quatre coins du globe.
VivaTech souhaite marquer son dixième anniversaire avec éclat, en présentant dès dimanche quelques innovations fascinantes au public sur l'avenue des Champs-Élysées, piétonne pour l'occasion, où drones, robots et hélicoptères émerveilleront les passants.
Cette année, l'événement prend une nouvelle dimension. L'espace d'exposition passe de 50 000 à 70 000 mètres carrés, accueillant des représentants de 170 pays et 60 pavillons nationaux, avec l'objectif de dépasser l'affluence record de l'année précédente qui avait rassemblé 180 000 visiteurs.
Souveraineté
La question de la souveraineté numérique se posera avec acuité, alors que l'Europe s'efforce de réduire sa dépendance technologique envers les entreprises étrangères dans un contexte de rivalité accrue avec les États-Unis. L'Allemagne sera mise à l'honneur, avec une délégation de près de 200 start-up évoluant notamment dans les domaines de l'IA et de la greentech. Le ministre du Numérique allemand, Karsten Wildberger, ainsi que des dirigeants d'importants groupes industriels, tels que Siemens et SAP, seront également présents.
Le président Emmanuel Macron est prévu sur scène jeudi, pour promouvoir la vision d'une France et d'une Europe à la pointe des technologies disruptives, telles que l'IA et l'informatique quantique. Le Premier ministre indien Narendra Modi, participant au G7 à Évian, prendra également la parole.
Une « coalition de puissances non hégémoniques », incluant l'Inde, le Canada et le Japon, émerge aux côtés de la France pour peser face aux influences américaines et chinoises dans le domaine de l'IA. Sylvain Duranton, directeur mondial de l'entité tech de BCG, souligne cette démarche.
Robots à tout-va
Des démonstrations de robots dotés d'IA seront également au programme, allant de la danse à la logistique. Les humanoïdes des entreprises chinoises Unitree et Agibot vont épater le public par leurs performances, tandis que des start-up européennes comme Genesis, Botiful et Pal Robotics présenteront leurs dernières innovations.
« C'est une incarnation de l'IA de demain, avec toutes les projections et craintes associées », déclare Thomas Husson, analyste pour Forrester.
Cette montée en puissance de l'IA physique résulte, entre autres, d'une baisse significative des coûts des automates, qui ont chuté de 30 à 40 % par rapport à l'année dernière, ainsi que d'une amélioration des modèles d'IA qui les entraînent, selon M. Duranton.
Au-delà du spectacle, le salon proposera une perspective plus industrielle avec des acteurs comme l'armateur CMA CGM, qui démontrera comment la robotique peut optimiser les activités logistiques.
Invités de marque et surprise
Le salon accueillera également de célèbres personnalités et dirigeants d'entreprises, comme Yann LeCun, ancien responsable IA de Meta et fondateur de la start-up AMI, ainsi que David Limp, directeur général de Blue Origin. On notera également la présence de Shantanu Narayen, PDG d'Adobe, et de Joe Tsai, président d'Alibaba. Les organisateurs réservent une surprise avec l'annonce d'un « invité surprise », prévue au début de la semaine prochaine.







